Le Garde-mots

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Singumots

Collection de mots singuliers rares ou mal connus.

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 3 février 2012

Balustre

Petit pilier renflé supportant un appui et formant avec d’autres piliers une balustrade. Autrefois, par métonymie, le mot servait également à désigner la balustrade elle-même. C’était en particulier une clôture autour du lit dans la chambre de parade des princes et des rois, délimitant un espace au sein duquel n’étaient admis que de rares privilégiés. De l’italien ancien balaustra, dérivé du latin balaustium, lui-même du grec balaustion, fleur du grenadier sauvage, en raison de l'analogie de forme entre le balustre et cette fleur. Nom masculin.

Un auteur quelquefois trop plein de son objet

Jamais sans l'épuiser n'abandonne un sujet.
S'il rencontre un palais, il m'en dépeint la face ;

Il me promène après de terrasse en terrasse ;

Ici s'offre un perron ; là règne un corridor,

Là ce balcon s'enferme en un balustre d'or.
(Boileau, L’art poétique, Chant I, 1674).

Lire la suite...

lundi 30 janvier 2012

Charlatan

Marchand ambulant qui profitait de la crédulité des gens pour leur vendre un produit présenté comme miraculeux. De l'italien ciarlatano, charlatan, lui-même de cerretano, habitant de Cerreto (village dont les habitants vendaient des drogues dans les marchés).

*

Synonymes et mots voisins

Empirique. Personne qui pratique la médecine sans la connaître.
Guérisseur. Personne qui traite les maladies en dehors de toute légalité.
Marchand d’orviétan. Avec le temps l’expression est devenue synonyme d’homme qui trompe par des paroles pompeuses, qui exploite la crédulité publique.
Médicastre. Mauvais médecin.
Morticole. Mauvais médecin.
Pharmarcopole. Pharmacien charlatan.
Rebouteux. Guérisseur qui traite les luxations, les fractures, les foulures, les douleurs articulaires.

Lire la suite...

lundi 23 janvier 2012

Orviétan

Remède secret d'origine italienne, en usage de la fin du XVIe au XIXe siècle, qui était censé guérir tous les maux, en particulier les empoisonnements et les morsures de serpents. L’orviétan comportait des dizaines de substances : en additionnant celles de 35 formules on en a relevé 186.

De l'italien orvietano, originaire de la ville d'Orvieto (Italie), où ce médicament a été inventé par un certain Lupi puis vendu à Paris dès le début du XVIIe siècle par Girolamo Ferrante. Le marchand d'orviétan vendait sa drogue sur les places publiques. Synonymes et mots voisins : antidote (substance capable d’empêcher les effets toxiques d’une autre substance), bézoard (concrétion pierreuse de l'estomac des animaux qui servait autrefois de protection contre les venins), diascordium (une thériaque simplifiée), mithridate (antidote dont la formule était attribuée à Mithridate VI Eupator, qui l'utilisait pour se protéger d'un éventuel empoisonnement), panacée (remède universel), thériaque (médicament universel utilisé depuis l’Antiquité).

Mon remède guérit, par sa rare excellence,
Plus de maux qu'on n'en peut nombrer dans tout un an :
La gale,
La rogne,
La teigne,
La fièvre,
La peste,
La goutte,
Vérole,
Descente,
Rougeole.
Ô grande puissance
De l'orviétan !

Molière, L'Amour Médecin, Acte II, scène 7

lundi 16 janvier 2012

Craquegnon

Maroilles
Ancien nom du fromage créé en 960 par les moines de l'Abbaye de Maroilles (Nord). Tout paysan qui possédait au moins une vache devait  à l'époque, transformer son lait à partir de la Saint-Jean (24 juin) et remettre le fromage affiné à l’Abbaye cent jours plus tard, à la St Rémy (1er octobre), en paiement de la dîme. Le craquegnon était très apprécié de Charles-Quint et de plusieurs rois de France, dont Henri IV.

Ce fromage au lait entier, à pâte molle, et qui a « du corps », s’appelle aujourd’hui maroilles (ce nom est une antonomase). Le film Bienvenue chez les Ch'tis l'a rendu populaire au même titre que les orgues de Bergues.

*

Merci au dessinateur Ydel pour cette illustration. Pour afficher l'ensemble de ses contributions au Garde-mots cliquez sur l'image. Bientôt on ne dira plus "un dessin d'humour" mais "un Ydel".

vendredi 13 janvier 2012

Aponie

Épicure nomme ainsi l’absence de douleur physique. Pour lui, la plénitude du plaisir est atteinte lorsqu’on associe l’aponie, état de quiétude corporelle, et son équivalent sur le plan de l'âme, l’absence de douleur morale, ou ataraxie. Du grec aponia, de a, privatif et ponos, activité pénible, exigeant un effort. Ne pas confondre ce mot avec l'aporie, difficulté logique insurmontable, ni avec l'aphonie (extinction de voix).

lundi 9 janvier 2012

Narthex

Plan du narthex

Portique ouvert situé à l'entrée des premières basiliques chrétiennes et qui donnait accès à la nef. Il était destiné à recevoir les catéchumènes (ceux qui demandaient le baptême), les énergumènes (les possédés) et les pénitents (qui étaient en état de repentir), autrement dit ceux qui pouvaient assister au service divin mais n'étaient pas autorisés à entrer dans l'église. De nos jours on appelle narthex (en gris sur le plan) un porche clos sur le dehors, ouvert sur l'intérieur de l'église et situé sous la même couverture. Du grec narthêx, férule, puis cassette faite avec les tiges de férule, puis, par analogie, portique.

Synonymes et mots voisins : antéglise, anti-temple, atrium, avant-nef, galilée, massif de façade, impluvium, porche, porche fermé, portique, pronaos, tour-porche, vestibule.

Basilique de Vézelay. Tympan central du narthex.
Basilique de Vézelay. Tympan central du narthex.
(vers 1125-1130)

À Vézelay, le Christ en gloire dans sa mandorle a une taille imposante digne de la place qu'il occupe dans l'Église. Il bénit les apôtres et les envoie convertir les nations. Des rayons lumineux s'échappent de ses mains. Sous ses pieds défilent les peuples du monde qui vont bientôt recevoir son message.

vendredi 6 janvier 2012

Déconstruction

Opération métaphysique qui consiste à repérer les éléments qui structurent un texte et à les confronter. On découvre ainsi, non seulement des tensions et des différences, mais également des ruptures, des contradictions, des apories, des écarts implicites entre les mots et les concepts. La déconstruction refuse les cloisonnements. Elle montre assez facilement, en partant du principe que les textes n’ont pas de signification fixe, qu’ils expriment souvent autre chose que ce qu’ils semblent vouloir dire. Pour Jacques Derrida (1930-2004), qui forgea le mot  en 1967 dans son ouvrage De la grammatologie, la déconstruction c’est « plus d'une langue ».

Cette herméneutique ne relève pas de la critique littéraire mais de la philosophie. Omniprésente, la déconstruction permet de critiquer l’autorité des textes. Elle exhume l’impossible à l’œuvre dans un texte apparemment stable.

Du latin dis, indiquant la séparation, et constructio, construction.

Lire la suite...

lundi 2 janvier 2012

Cassone

Cassone


Nom masculin. Coffre de mariage où était conservé, pendant la Renaissance italienne, principalement à Florence, le trousseau des mariées. Les cassoni étaient offerts par la famille du marié et portés par paire en procession jusqu’à la nouvelle demeure. De l’italien cassone, de même signification.

Lire la suite...

vendredi 16 décembre 2011

Coquefredouille

Ydel_Coquefredouille

Merci au dessinateur Ydel pour cette illustration de circonstance. Pour afficher l'ensemble de ses contributions au Garde-mots cliquez sur l'image. Bientôt on ne dira plus "un dessin d'humour" mais "un Ydel".

Lire la suite...

lundi 12 décembre 2011

Glossopètre

Glossopètre

Dent de requin fossile. Du grec glôssa, langue et petra, pierre, car, du fait de leur forme, on a longtemps cru que les glossopètres étaient des langues de serpent pétrifiées tombées du ciel pendant les éclipses de lune. Par analogie elles étaient considérées comme un antidote contre les venins de serpent. Pline l’Ancien en parle : « La glossopètre, semblable à la langue de l'homme, ne s'engendre point, dit-on, dans la terre, mais tombe du ciel pendant les éclipses de lune ; elle est nécessaire à la sélenomancie ; mais nous avons été rendus incrédules par la vanité d'une promesse comme celle-ci, à savoir que cette pierre fait cesser les vents. » (Pline l'ancien Tome second, livre XXXVII). Fabio Colonna démontra dans son De glossopetris dissertatio publié en 1616 que les glossopètres étaient des dents de requin. Synonymes : dents de lamie (requin de l’Atlantique Nord), langue de pierre, langue pétrifiée, lingua melitensis (mot à mot : langue de Melita, c'est-à-dire Malte), pierre de langue, pierre de saint Paul.

Lire la suite...

- page 1 de 58