Le Garde-mots

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Tag - Littérature

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lundi 1 février 2010

Hagiographie

Récit édifiant de la vie des saints. Ce genre littéraire s’attache à célébrer leurs vertus,  les miracles qu’ils ont accompli et leur martyre. Au figuré : biographie très élogieuse d'une personne, historiographie non critique. Du grec hagios, saint et graphein, écrire.  Synonymes et mots voisins : apologie (discours de défense d'une personne), biographie, célébration,  culte, dithyrambe, éloge, glorification, hagiologie (étude de la sainteté), historiographie, légende, louange, magnification,  martyrologe, ménologe, panégyrique, vie de saint.

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lundi 11 janvier 2010

Basoche

Dans le droit ancien, ce mot désignait l'ensemble des clercs d’avocats, de procureurs et de conseillers du Parlement qui fréquentaient les palais de justice, à Paris comme en province.  Il s'emploie familièrement de nos jours à propos des gens de loi. Peut-être du latin basilica, édifice public couvert où l'on rendait la justice. Synonymes et mots voisins : barreau, basochard (terme péjoratif utilisé  pour désigner les gens de la basoche), basochien (qui fait partie de la basoche), bazoche, cause grasse (fait inventé, dont les clercs de la basoche plaidaient la cause pour se divertir le jour de mardi gras).

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lundi 5 octobre 2009

Incornifistibuler

Faire entrer, introduire, insérer. Ce mot est peut-être de Rabelais, en tout cas il l'emploie dans le Tiers livre : « Toutes mes phrènes, métaphrènes et diaphragmes sont suspendus et tendus pour incornifistibuler en la gibecière de mon entendement ce que vous dites et répondez. »

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vendredi 11 septembre 2009

La littérature en estampes

Dessin de Töpffer


« L'on peut écrire des histoires avec des chapitres, des lignes, des mots : c'est de la littérature proprement dite. L'on peut écrire des histoires, avec des successions de scènes représentées graphiquement : c'est de la littérature en estampes. »

Portrait de Töpffer
C'est ainsi que Rodolphe Töpffer (1799-1846), dessinateur, caricaturiste et écrivain suisse, décrit en 1845 l'art qu'il a inventé et que nous nommons aujourd'hui bande dessinée.  Il fut professeur de rhétorique, critique d'art, journaliste, directeur de pensionnat, membre du parlement du canton de Genève. Il est en outre l’auteur de romans, traités, récits de voyage et pièces de théâtre.

En 1827 il rédige à l’intention  de ses étudiants un album illustré, « Les Amours de monsieur Vieux-Bois ». Gœthe, qui a l'occasion de le feuilleter quelques années plus tard, est enthousiaste. L'ouvrage, publié en 1833, rencontre un succès immédiat. De nombreuses autres histoires en estampes, selon l'expression de l'époque, vont suivre. Töpffer est également le premier théoricien de la BD. Il écrit dans Essai de Physiognomonie (1845) : « Ce petit livre est d'une nature mixte. Il se compose d'une série de dessins autographiés au trait. Chacun de ces dessins est accompagné d'une ou deux lignes de texte. Les dessins, sans ce texte, n'auraient qu'une signification obscure ; le texte, sans les dessins, ne signifierait rien. Le tout ensemble forme une sorte de roman d'autant plus original, qu'il ne ressemble pas mieux à un roman qu'à autre chose ».

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vendredi 28 août 2009

Holmésologie

Gif animé Holmes
Étude scientifique du personnage de fiction Sherlock Holmes, créé par sir Arthur Conan Doyle. Cette discipline, qui s’accorde la distance nécessaire pour présenter avec sérieux un canular littéraire, est âgée d’une centaine d’années. Son but est de retracer la vie et l'œuvre du célèbre détective à partir des écrits de son ami le docteur Watson.

Synonymes : études holmésiennes. Mots voisins : holmésien (personne qui apprécie le personnage de Sherlock Holmes), holmésolâtrie (idôlatrie centrée sur le personnage de Sherlock Holmes), holmésologue (scientifique qui se consacre à l'holmésologie),  sherlockien (synonyme d'holmésien).

La phrase « Élémentaire, mon cher Watson » ne figure pas dans l’œuvre de Conan Doyle. Elle est issue des films qu’on a tirés de son œuvre.

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vendredi 24 juillet 2009

Brésil

Arbre qui permet, dans l’industrie textile, d'obtenir une très belle couleur rouge. Il est originaire du nord-est du Brésil auquel il semble avoir donné son nom, et particulièrement de la région de Pernambouc. Synonymes : bois-brésil, bois de Brésil (expression fausse car la capitalisation de l’initiale fait croire que le brésil tire son nom du Brésil, alors que c'est le contraire), bois de Pernambouc, brésillet, pau-Brasil. Nom scientifique : Caesalpinia echinata. Étymologie : de breze, mot d'ancien français signifiant  braise, couleur de braise, lui-même du germanique brasa.

Le titre symbolique du roman de Jean-Christophe Rufin Rouge Brésil, fait à la fois référence au bois brésil, à la tentative de colonisation du Brésil par les français au XVIe siècle et au bain de sang final qui en est résulté.

vendredi 26 juin 2009

Ecphrasis

Représentation d’une œuvre d’art (peinture, motif architectural, sculpture, objet d'orfèvrerie, tapisserie) sous forme d'une description littéraire vive et complète. Du grec, ekphrazein, exposer en détail.

La première ecphrasis de la littérature universelle est la description par Homère dans l'Iliade du bouclier d'Achille forgé par le dieu Héphaïstos.  L'arme défensive a été fabriquée à la demande de Thétis,  sa mère, non pas pour protéger Achille, mais « pour que tous soient émerveillés » quand le destin fera de lui un héros, ce qui arrivera à l'occasion de la guerre de Troie.

L’ecphrasis fascine depuis l’Antiquité dans la mesure où elle est la transcription de signes visuels en signes linguistiques.

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vendredi 22 mai 2009

Centon

La merveille du jardin

Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Sur le cresson de la fontaine
Où, en chantant je me promène.
Pas une feuille qui bouge,
Au bord de l’horizon rouge.
Ce beau temps me pèse et m’ennuie.
J’offre ces violettes
Ces lys et ces fleurettes
Et ces roses ici
À nous deux. Ne sommes-nous point
La merveille de ce jardin ?

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lundi 18 mai 2009

Une journée au pays de l'Astrée

L’Astrée est un roman pastoral en 5 parties, 40 histoires, 60 livres, 5399 pages, publié entre 1607 et 1627, qui connut dès le début un succès considérable dans l’Europe entière et a encore des lecteurs passionnés. Il eut une grande influence  sur la préciosité. L'auteur, Honoré d'Urfé (1567-1625), ne vit paraître de son vivant que les quatre premiers tomes. Son secrétaire, Balthazar Baro, termina la quatrième partie et écrivit « d'après les notes de l'auteur » la cinquième et dernière partie.

De péripéties en digressions, d’épisodes héroïques en dissertations philosophiques, les sentiments contrariés d'Astrée, ainsi nommée en l’honneur de la déesse grecque de la Justice, et du berger Céladon sont la trame de ce roman fleuve où s'entremêlent les aventures amoureuses, intrigues et rêveries de très nombreux personnages.  L'action se déroule dans la Gaule du Ve siècle, plus précisément sur les bords du Lignon dans la région du Forez près de Saint-Étienne.

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vendredi 20 février 2009

Syndrome de Stendhal

Trouble de nature esthétique éprouvé devant une œuvre d’art. Cette décompensation culturelle se manifeste sous la forme d’une crise d’angoisse avec vertiges, suffocation, battements de cœur, douleurs dans la poitrine, perte du sentiment d’identité et du sens de l’orientation, allant parfois jusqu'au délire et à la dépersonnalisation. L'affection survient chez des personnes impressionnées par le lieu exceptionnel où leur voyage les a menées. Ce nom a été donné en 1990 par le docteur Graziella Magherini, psychiatre à Florence, en référence aux émotions ressenties par Stendhal dans cette même ville en 1817 à la sortie de l’église Santa Croce où il venait de voir une série de chef d'œuvres : « Enfin, je suis arrivé à Santa Croce. Là, à droite de la porte, est le tombeau de Michel-Ange; plus loin, voilà le tombeau d'Alfieri, par Canova : je reconnais cette grande figure de l'Italie. J'aperçois ensuite le tombeau de Machiavel ; et, vis-à-vis de Michel-Ange, repose Galilée. Quels hommes ! Et la Toscane pourrait y joindre le Dante, Boccace et Pétrarque. Quelle étonnante réunion ! Mon émotion est si profonde qu'elle va presque jusqu'à la piété. Le sombre religieux de cette église, son toit en simple charpente, sa façade non terminée, tout cela parle vivement à mon âme. Ah ! si je pouvais oublier... ! Un moine s'est approché de moi ; au lieu de la répugnance allant presque jusqu'à l'horreur physique, je me suis trouvé comme de l'amitié pour lui. [...] Je l'ai prié de me faire ouvrir la chapelle à l'angle nord-est, où sont les fresques du Volterrano. Il m'y conduit et me laisse seul. Là, assis sur le marchepied d'un prie-Dieu, la tête renversée et appuyée sur le pupitre, pour pouvoir regarder au plafond, les Sibylles du Volterrano m'ont donné peut-être le plus vif plaisir que la peinture m'ait jamais fait. J'étais déjà dans une sorte d'extase, par l'idée d'être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les beaux-arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de cœur, ce qu'on appelle des nerfs à Berlin ; la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. Je me suis assis sur l'un des bancs de la place de Santa Croce ; j'ai relu avec délices ces vers de Foscolo, que j'avais dans mon portefeuille ; je n'en voyais pas les défauts : j'avais besoin de la voix d'un ami partageant mon émotion. » (Stendhal, Rome, Naples, Florence).

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