Le Garde-mots

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lundi 9 novembre 2009

Autoréférence

Capacité d'un système de renvoyer à sa propre action. Exemples : l’effet Larsen, l'affiche Ripolin, le dessin de La vache qui rit. Dans le domaine de la linguistique le mot désigne une phrase qui se décrit elle-même. Exemple : « Cette phrase commence par le mot ‘cette’ ». Étymologie : du préfixe grec auto et du mot latin referre, rapporter.

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lundi 19 octobre 2009

Épistémophilie

Désir incessant d'accumuler du savoir. Du grec epistêmê, savoir et philos, ami. Mots voisins : épistémologie (étude critique de la science et des conditions de production des faits scientifiques), méthodologie (branche de la logique qui étudie les méthodes des différentes sciences), polymathie (instruction variée et étendue ; du grec polus, nombreux, et mathêma, science, connaissance), systémique (approche scientifique d'un problème en utilisant la notion de système, c'est-à-dire d'un ensemble organisé d'éléments).

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lundi 12 octobre 2009

Pansophie

Connaissance universelle, omnisciente, qui élève la pensée vers le  divin en partant du monde concret. Étymologie : du grec pan, tout, et sophia, sagesse.

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lundi 3 août 2009

Surcroyance

« Le vrai consiste simplement
dans ce qui est avantageux
pour la pensée. » (William James)

Persistance de croyances généralement réfutées. On ignore les faits contraires à ses propres préjugés ou qui se présentent sous forme de nouveautés dérangeantes (misonéisme), ce qui permet d'interpréter la réalité dans un sens conforme à ce qu’on en attend. La croyance n’offre pas de garantie quant à ses affirmations. Elle se porte d’autant plus facilement sur les idées fausses qu’elles sont invérifiables.

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dimanche 19 juillet 2009

La vérité et son double

À fleur d'ombre
À fleur de lèvre
Témoin d'un monde sans escale
La vérité

*

Rien ne l'empêche de se dire
Mystérieuse en son royaume
D'être rêvée malgré les hommes
De se farder par habitude
De se vendre au plus aimant

*

La vérité
Ou sa contremarque
La religion ?

lundi 23 mars 2009

Léthé

Fleuve des Enfers - l’empire des morts de la mythologie grecque - dans lequel les ombres devaient boire afin d'oublier le passé. Elles pouvaient ensuite, vierges de tout souvenir, remonter à la lumière du jour, intégrer un nouveau corps et recommencer une vie humaine. Du grec lethê, oubli.

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vendredi 6 mars 2009

Philothérapie

Une vie sans examen
ne vaut pas la peine d'être vécue
(Socrate)

Entretien philosophique au cours duquel on peut  trouver des réponses aux questions existentielles. Il ne s’agit, pas pour le philosophe, d‘inculquer ses propres pensées ni pour le consultant de prétendre guérir par cette voie. Le but est de penser par soi-même, de mieux vivre grâce à l'analyse critique et de progresser vers la sagesse. Le consultant apprend à se poser les bonnes questions,  à assumer ses choix, à donner un sens à sa vie, en un mot à être plus lucide. Cette pratique a commencé en Allemagne en 1981 avec le philosophe Gerd Achenbach, mais, nous dit Platon, Socrate enseignait déjà la maïeutique, l'art d'accoucher les esprits. Les cafés philo, moins personnels, plus collectifs, sont dans le même esprit. Ils sont apparus en France en 1992, autour de Marc Sautet.

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lundi 6 octobre 2008

Littré

Littré
Émile Littré (1801-1881). Médecin, vulgarisateur scientifique, philosophe, lexicographe français. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont une tra- duction de l’œuvre complète d'Hippocrate (1839-1862), la refonte du Dic- tionnaire de médecine de Nysten et une Histoire de la Langue française (1862). Son Dictionnaire de la Langue française (1844-1872) édité par son ancien camarade du lycée Louis-Le-Grand, Louis Hachette, est encore une référence de nos jours. Littré s’y montre philologue puisque, comme on peut le lire dans sa préface, il organise ses articles autour de l’histoire de la lan- gue.

Il prit une part active à la révolution de 1830, fut conseiller municipal de Paris en 1848, député de la Seine en 1871, sénateur en 1875. C'était un adepte de la pensée positiviste d'Auguste Comte, et son principal disciple.

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vendredi 19 septembre 2008

Almanach

MONSIEUR JOURDAIN.- Apprenez-moi l'orthographe.
MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.- Très volontiers.
MONSIEUR JOURDAIN.- Après vous m'apprendrez l'almanach,
pour savoir quand il y a de la lune, et quand il n'y en a point.
(Molière, Le Bourgeois gentilhomme, Acte II, scène IV).

Calendrier comportant des indications astronomiques (en particulier les positions du Soleil et de la Lune, les dates des éclipses) et météorologiques, ainsi que des prédictions. Il fournit également des informations susceptibles de faciliter la vie quotidienne. Selon les almanachs on peut trouver :  les heures des marées ; des conseils relatifs aux travaux des champs et des jardins en fonction des saisons ; les dates des principales fêtes ; des recommandations d’ordre médical ; des conseils de cuisine ; des trucs et astuces pour le quotidien ; les dates et heures des marchés et foires ; des indications sur les monnaies, les poids et mesures ; des renseignements sur les personnes ; des adresses ; des maximes, des poèmes, des contes ; des anecdotes, bons mots, calembours ; des illustrations humoristiques.

Prononciation : [almana]. Le ch est muet sauf quand le mot est en liaison avec une voyelle ; on dit "un [almanak] illustré." Étymologie : vraisemblablement du latin médiéval almanachus, lui-même du mot arabe d’Espagne al-manakh ; de al, article défini, et manah, calendrier. Synonymes (aucun d'entre eux n'est plus employé) : annuaire (dans l’acception originelle du terme), calendrier illustré, éphéméride (autrefois ce mot avait le sens de "livre où se trouvent consignées pour une année les prévisions météorologiques"), fastes (tables chronologiques du calendrier marquant les jours d'assemblées publiques, de fêtes, de jeux).

Les premiers almanachs remontent à l’Antiquité mais c’est surtout à partir de l’invention de l’imprimerie qu'ils prennent leur essor. L'un des premiers, François Rabelais  (1494-1553) publie en 1532 (pour l’an 1533) une Pantagrueline Prognostication, Certaine, veritable & infaillible pour l'an perpetuel. Nouvellement composée au prouffit & advisement de gens estourdis & musars de nature, Par maistre Alcofribas, architriclin dudict, qui est une parodie de l’astrologie. Nostradamus, avant de traverser les siècles avec ses Centuries, se fait connaître à partir de 1550 comme faiseur d’almanachs et de pronostications. Au fil du temps les almanachs deviennent les instruments essentiels de la propagation du savoir populaire. C'est pourquoi Henri III, roi de France, est amené, par une ordonnance de l'an 1579, à défendre «à tous faiseurs d'almanachs d'avoir la témérité de faire des prédictions sur les affaires civiles ou de l'État, ou des particuliers, soit en termes exprès, ou en termes couverts». De 1625 à 1913 l'Almanach royal, ou impérial, ou national - le nom change selon les fluctuations de l’histoire - donnera les noms de la famille royale de France et, à partir de 1698,  ceux des personnages attachés à la cour et de tous les fonctionnaires civils et militaires.

Les almanachs circulent par colportage. Détournés progressivement de leurs fonctions astronomique et météorologique, ils deviennent  peu à peu des recueils de textes littéraires comme les Almanachs des Muses aux XVIIIe et  XIXe siècles, ou la liste des aristocrates comme l'Almanach de Gotha. Les almanachs sont, à cette époque, les livres les plus vendus dans les campagnes.

Parmi les almanachs contemporains on connaît surtout ceux de Pierre Bellemarre, Henri Gougaud, du Vieux savoyard, du Vieux dauphinois et, bien entendu, l'Almanach Vermot, et l’Almanach de Liège. Certains sont encore dans la tradition, d'autres n’ont plus de l'almanach que la présentation calendaire. Ils informent, bien sûr, mais de moins en moins sur la vie quotidienne. C'est le cas, d'ailleurs, pour un nouveau venu que je suis heureux de vous présenter...

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lundi 28 janvier 2008

Dialectique

Art du dialogue. Procédé de raisonnement mis en œuvre dans une discussion en vue de faire ressortir la vérité, d‘emporter la conviction en utilisant les arguments de l’interlocuteur. Dans la philosophie antique, en particulier chez Zénon d'Élée, inventeur de la méthode, et chez Platon : art  de la discussion qui permettait de s'élever jusqu’aux principes premiers en partant de la connaissance sensible et en allant, de concept en concept, jusqu’à la connaissance intelligible. Dans le système de Hegel : méthode de pensée sous forme de thèse puis d’antithèse, qui finit par dépasser les contradictions en les associant au final sous forme de synthèse. Le matérialisme de Karl Marx est qualifié de "dialectique" du fait que, pour lui, l’histoire ne progresse, à l’instar du raisonnement, que par le dépassement des contradictions entre les classes sociales, la lutte entre leurs intérêts divergents et, partant, le développement de forces productives. Du grec dialektikê, art de la discussion. Synonymes : argument, argumentation, dialogue, logique, maïeutique, raisonnement.

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