Voyage aux pays imaginaires

Le langage courant emploie par moquerie un certain nombre de toponymes correspondant à des localités fictives  : Cuges-les-Pralinettes,  Foufnie-les-Berdouilles (Belgique), Macapète (Belgique), Pataoufnof, Perpète-les-Oies, Perpète-les-Olivettes, Pétaouchnok, Saint-Loinloin-de-Pas-Proche (Québec),  Tataouine-les-Bains, Trifouillis-les-chaussettes, Trifouillis-les-Oies. Dans la culture populaire on écrit généralement ces mots sans accent grave sur « les », erreur qui souligne l’impression d'éloignement. Dans les noms de localités réelles on doit écrire lès, ce qui veut dire « à côté ». Du latin latus, de même signification. Exemple : Sainte-Foy-lès-Lyon.

Il existe par ailleurs des toponymes qu’on cite comme s'il s'agissait de lieux imaginaires et qui pourtant existent  :  Gingelom (Belgique), Outsiplou (Belgique, en wallon Hoûte-si-ploût, qui signifie « écoute s'il pleut »). Les lieux lointains et inaccessibles ont aussi leurs noms  génériques : bled, brousse, cambrousse, les cinq cents diables, coin, le diable Vauvert, patelin, trou, trou perdu.

Pitchipoï

Une mention spéciale pour un autre pays imaginaire, Pitchipoï, de triste et douloureuse mémoire. Ce mot désigne un village imaginaire dans la culture des juifs polonais.  Les juifs internés à Drancy entre 1941 et 1944 le reprirent à leur compte pour désigner le lieu  de  déportation  qui les attendait et qui s’avérera pour un grand nombre d’entre eux être Auschwitz-Birkenau. C’est, en particulier, le terme qu’ils employaient, pour répondre aux inquiétudes de leurs enfants.