Autoréférence
Par le gardien le lundi 9 novembre 2009, 00:00 - Singumots - Lien permanent
L’autoréférence a quelque chose d’unique. C’est un point de vue qui se justifie lui-même, une courbe imaginaire qui prolonge son action jusqu'à devenir un cercle fantôme, une spirale du discours que rien n’empêche d’avoir raison. Ce n’est pas un simple effet mais un retour sur soi dans l’action et le plaisir du raisonnement.
La conscience est autoréférente, puisqu'elle décide pour nous de notre ouverture au monde. La pensée, du moins quand elle s'affirme avec force, l'est également. Faisons-nous autre chose que de l’autoréférence quand nous affirmons quelque chose, et c'est notre humble quotidien, en dehors du système des sciences ? En émergeant d’entre les animaux pour s’approprier la Terre, l’Homme s’est engendré lui-même en tant qu’être humain. Il n’y a pas d’alternative pour expliquer le monde : l’autoréférence ou Dieu.
[N.B. Il y a une autoréférence parmi les mots soulignés de ce billet. Après l'avoir trouvée vous pouvez vérifier votre hypothèse en cliquant ici.]




Commentaires
Bonjour gardien,
Bien qu'accoutumé à venir me nourrir dans ton garde-mots, je n'y laisse, à mon corps défendant, que peu de commentaires.
Je me demandais si l'on pouvait par extension ou extrapolation établir une relation de synonymie entre le mot auto-référence et le mot autopoïèse?
Par ailleurs, l'autoréférence qui caractérise le dessin de la vache qui rit peut aussi se décrire comme une forme de mise en abyme si je ne m'abuse.
Bonjour Charles, et bienvenue.
J'ai un peu de mal avec la notion d'autopïèse, le fait qu'un système se produise lui-même. Poiesis, c'est la création. Qui dit créer sous-entend que le système n'existait pas auparavant. Or pour créer quelque chose il faut bien partir de quelque chose d'autre, une matière première en quelque sorte. La création ex nihilo (à partir de rien) ne saurait exister dans le monde tel que nous le connaissons. Je crains bien que l'autopoïèse ne constitue un abus de langage suur le plan scientifique. Ceci étant dit, si on admet la validité des deux concepts, en aucun cas ils ne sauraient être synonymes. Il y pas de géant entre l'information (autoréférence) et l'action (autopoïèse).
C'est pourquoi on ne peut la forcer,la passer,dans un système psychique non défaillant.Je parle bien sur de la conscience.Elle se change elle-même, lorsqu'elle est prête,c'est la prise de conscience,ainsi, on évite le débordement de ce que j'appelle l'inconscience,que d'autres nomment "maladies ou troubles psychiques".
L'homme a la conscience saine est responsable de ses actes,puisqu'il a volontairement renier ses références en sachant ce qu'il encourait, du moins s'il est de personnalité "adulte".Mais n'y a t-il pas des cas de rupture de conscience transitoire et difficilement détectables par les psychiatres ? La conscience qui se tait, ou qui se fait taire ?
Il y a au moins les rêves...
Vous me décevez garde,je vous croyais plus battant.Certains rêves deviennent réalités.La souffrance ne me fait plus peur,de la même façon,je la combats mais elle ne me paralyse plus,elle me fait réagir.Est ce de l'empathie ? Certes non §
Vous savez bien que le nœud de la guerre est la conscience ou l'inconscience humaine.
bonsoir,
il me semble que de son inconscient, on est aussi responsable ! "on" ce serait le sujet, qui n'est pas que dans la maitrise mais aussi sujet désirant, et là ça se corse !
Ce n'est pas par hasard qu'il y a le mot "ça" dans ton commentaire.
Bien sûr qu'on est responsable de son inconscient : il fait partie de l'identité.
Ça se discute,l'inconscient se forme à notre insu,par l'éducation et l'expérience,responsable ? Pas toujours coupable.Responsable , parce qu'il en faut bien un,surement. Mais le vrai responsable c'est notre imperfection humaine,notre égoïsme, à garder nos privilèges de connaissances et à produire des exclus humains.
Ana, je n'ai pas affiché le lien vers cette video car il y a des points discutables.
Il m'aura donc fallu plus de 40 ans pour découvrir qu'il s'agit en réalité d'Epiménide le Crétois alors que l'on m'avait enseigné "Epaminondas le Crétois" comme héros de ce célèbre sophisme et que celui-ci est Thébain. Merci au Garde-Mots.
Comme vous pouvez le constater, je n'ai pas mis "nom d'as". Le paradoxe est bien d'Épiménide. Certains se contentent de le lui attribuer.
Épaminondas était un général thébain.
Bon , je l'ai trouvé ce mot de votre blog , mais pas à partir de votre blog . Rigolot car l'autoréférence du blog avait échouée . Les fractals fonctionnent un peu comme des auto références mais pas complétement évidement , sinon le "tout" existerait , mais en fait il n'existe pas . Le "tout" est une fiction mathématique ou-et philosophique mais pas une réalité physique .
Je ne crois pas qu'il soit possible d'expliquer le vivant par l'autoréférence . Et encore moins la conscience ... Sinon ça tournerait en rond . Ce serait fermé .
Je pense (je crois?) que la matiére "non-vivante" a la capacité de s'organiser en matiére vivante . Je ne pense pas qu'il s'agisse pour autant de création ex-nihilo . Je ne crois pas au vitalisme qui postule (?) sur l'existance d'une énérgie vitale universelle qui viendrait animer la matiére innérte (?). Je ne crois pas non plus au créationnisme qui postule sur l'action d'un grand-architécte . Disons que je crois en l'évolution spontanée de la matiére vers le vivant , mais est-ce de l'autopoiése ? Je ne pense pas . Ce sont plutôt des interactions qui se complexifient . Bon , le mot "évolution" réste cependant connotté d'un certain "finalisme" et cela non plus je n'y crois pas .
Dans l'idée de finalisme il y a l'idée de créationnisme . Ouaih ! c'est interessant tout ça . Même pour une disorthographique comme moi .
Je me demande si l'auto-référence d'un discours finalement ne serait pas un méta-langage ? ... Genre : les théologies ou les doctrines idéologiques qui ne discourent que sur elles -même à partir d'elles-même ...
Tout langage sur le langage est, par définition, un métalangage.
Oui c'est vrai ça . Donc il y a plusieurs niveaux du discours . Là l'autoréférence se met à ressembler à un olograme finalement . Enfin pas tout-à-fait mais un peu .
Bon , il y a aussi le discours paranoïaque qui fabrique une conclusion préalable et va ensuite construire des preuves pour justifier sa conclusion . C'est un discours sans horizon , bouclé sur lui-même . Dire que A=A ne nous apprend rien sur A . Je pense que la vérité est toujours au delà de l'horizon et si même en partant de A je reviend à A (ah ! AH !) quoi ? la boucle n'est pas bouclée pour autant puisque la vérité est toujours au delà de l'horizon ...