La mission du photographe est d’exécuter, de
manière aussi nette que possible, même si ce n’est pas lui qui déclenche. Son
diaphragme est un peu resserré, son angle de vue très précis, trop précis sans
doute, c’est pourquoi il fait bien attention à ne pas être à contrejour dans la
froideur du petit matin. Son objectif est de s’assurer que la tête de son
client ne sortira pas du cadre. En aucune manière elle ne doit bouger même s’il
ne s’agit pas exactement d’un portrait.
« Photographe » était le nom de
l’aide-bourreau chargé de maintenir correctement la tête du condamné à mort
dans la guillotine au moment où le couperet faisait son œuvre, de la retenir
pour l’empêcher de tomber puis, le moment venu, de la jeter dans la corbeille
prévue à cet effet. L’un des derniers photographes s’appelait
Fernand Meyssonier. Il a publié ses mémoires en 2002 sous le titre
Paroles de bourreau.
Commentaires
Je ne me savais pas si effroyable ! (rires)
Et malgré l'abolition de la peine de mort, nous connaissons tous des photographes qui continuent à couper des têtes...
Chic. Mon piège à Dandylan a fonctionné ! J'espérais bien que tu serais le premier à venir par ici.
Hii!!!!( d'horreur! )
J'imagine l'enfant qui tient la tête du condamné ...par les oreilles!
Et qui la lâche...Ça pèse une tête!
Incroyable!
Le photographe de la tête délictueuse ,défectueuse,tueuse en fait,photo sans support pour le néant,afin qu'il se souvienne de ne pas refaire la même.
Les mains de la justice consciente à travers Fernand Meyssonier sont si naives au regard de la justice intérieure de l'âme !
Cette fois,à la Meyssonier,(messe on y est),et on y fait le noeud des ans,(Fernand)? Faut bien trouver une chute.
Il n'empêche que j'ai la conviction qu'on promène tous,notre épée de Damoclès dans notre inconscient,alors la justice concrète, quelle rigolade !
Attention à la bascule de la balance §
Quel métier ! ! ! Pauvres hommes!!
Moi, je ne peux pas imaginer un travail plus horrible que celui d'être «photographe» (sauf d´être un tortionnaire peut-être) .
Je ne sais pas comme un être humain, il pouvait résister faire quelque chose ainsi et ensuite retourner chez lui, embrasser ses enfants, sa femme et ensuite convenir manger.
Mais le pire, sa serait la nuit, comme pourrait dormir le "photographe", après un jour de travail ?
On peut imaginer qu'il se donnait de "bonnes raisons", comme par exemple le sens du devoir.
Je trouve cet "article" original,intéressant comme beaucoup d'autres que vous publiez sur ce blog.
Merci Monsieur le gardien et animateur des mots!
Le photographe n'a pas à se vanter d'avoir le geste précis. Voudrait-il qu'on se prît la tête, dans ces moments où l'on a tant besoin de faire le vide ?
Cher Gardien, heureux de revenir !
C'est vrai Garde. Notre esprit est capable de trouver toute chose à laquelle être saisi pour pouvoir supporter les horreurs de la vie.
P.S. Je crois qu'il vous manque une "s".
Daniel. Heureux de vous retrouver par ici.
Ana. Merci pour la correction de la coquille.
@ ana,l'esprit est si grand ! Heureuse de vous savoir parmi les connaisseuses.
@ Daniel,vous n'avez que le nom de mon époux, mais c'est déjà formidable de vous avoir ici....par ce biais de langage.
Les mots sont plus qu'ils ne pensent.
La (lu, hume,hier) et le marque age ; lire et sentir,ce qui a été fait,et le noter.C'est pas mal.Entendement et intuition accordés.
Merci chère Ver00,
Je ne suis pas connaisseuse, du moins pas autant que vous.
Saludos, Ana
P.S. Cela sonne formidable: "connaisseuse". J´amerais bien d´être une.
Pas mal Horvilleur... Pas mal...
ana,merci pour votre gentillesse,mais je ne suis pas connaisseuse, j'essaie de comprendre,je n'ai que peu de culture,je confesse que j'aime les lettres,mais j'ai peu lu, quelques classiques à l'âge obligatoire^, j'ai eu un bac D, sans mention,(passable).Ma différence vient d'une inconscience de la folie,qui me vient d'un désir de mourir, une résilience de dernière chance.Ensuite,disons, que j'ai suivi, péniblement ma vie,avec le souvenir d'un grand père qui croyait en moi et que je répugnais à decevoir par delà la mort.
Entre autres,car j'ai des enfants, un mari,des parents encore vivants.
Chapeau! Qu'avez vous rencontré en premier, Meysonnier ou le mot?
Chère Ver00,
Je suis sûre que ton grand-père, où il soit, n'est pas déçu mais fier de vous: vous êtes gentil et sensible.
Chaque jour est un début et une nouvelle occasion d'éprouver ce qui est la simple, belle et peu sophistiquée "joie vivre". Essayez Ver00, un petit peu chaque jour. Je pari que vous réussirez.
J'ai rencontré le mot, évidemment. Vous comprendrez que je n'aie pu résister.
Nous direz-vous où? je n'ai pu en trouver une seule occurrence... Le mot était-il utilisé par les Sanson?
Cliquez sur le lien ci-dessus, c'est expliqué. Je ne me souviens pas sur quel site je suis tombé en premier car je prépare mes billets plusieurs semaines et parfois mois à l'avance. Pour ce qui est des Sanson, ils n'ont sans doute pas utilisé le terme car le dernier de la famille s'est arrêté en 1847 et la photographie était toute récente
Honte à moi pour cet anachronisme! Ne le rapportez surtout pas à mon employeur!
Au Musée d'Orsay, aujourd'hui, dans l'expo Crime et Châtiment, une "veuve" pudiquement voilée de noir, des tas de scènes d'échafaud mais pas un seul photographe.... Et nous sommes dans la seconde moitié du 19e s.
Nouvelle venue sur votre blog, je m'interroge sur l'etymologie du mot et la raison de cette appellation saugrenue.
En photographie comme en matière d'exécution capitale, le principe est simple :" Ne bougeons plus..." Le terme a été inventé à l'époque de l'invention de la photographie.
Le moine ne fait pas l'habit...
Quel étrange coïncidence... étant moi même photographe (à l'appareil) je me sens parfois complice de la condamnation de notre belle planète... les espaces abandonnés, zones péri urbaines étant mes lieux de prédilections et d'opérations déclencheuses.
MErci pour cette seconde définition utile du mot que j'aime.
« Ne bougeons plus ! »: terme capital en désuétude pour des flous plus artistiques...
Les peintres ont été les premiers photographes à faire poser. Les grands peintres, tel Veermer, se servaient, souvent en secret, de la camera obscura, l’ancêtre de l’appareil photo. Ils pouvaient alors par un petit trou de lumière, puis un jeu de miroirs, dessiner portraits, robes d’infante aux motifs compliqués, etc...
Ceci n’est que cliché qui date de l'antiquité ou du moyen-âge.
Le Gardien des mots n’est-il pas aussi photographe à sa façon ? Faire poser les mots pour que la lumière sur eux soit faite, pour que jaillisse humour ou quintessence , cadrer leurs jeux , les collectionner, les sertir dans un album aux couleurs stendhaliennes, pour le plus grand bonheur de tous ceux qui prennent au passage ce bain révélateur.
P.S. : à l’intention du Gardien :
Aujourd’hui 28 mars, l’auteur d’ « Oscar et la dame en rose » a un demi-siècle.
Second indice : est-ce que la cynégétique peut s’appliquer au chasseur d’images , même si ce dernier n’est pas en compagnie de son chien !
Merci pour cette année de culture et clef des champs, et pour ce plaisir que vous nous offrez.
Merci Vulcania. Tout d'abord je suis photographe. Ensuite je sais aussi que E.E. Schmitt a 50 ans car il a préparé dernièrement une dictée dans le cadre du mois de la francophonie à l'Hôtel de ville de Lyon. Le titre était Noces d'or. Il y relate son histoire d'amour depuis 50 ans avec la langue française. J'en reparlerai. En attendant je vous laisse deviner combien j'ai fait de fautes.
J'aime beaucoup l'histoire des chaussures d' Icare. Je ne suis ni photographe, ni un as de la dictée, mais je vous connais au moins une faute, celle d'avoir oublié ce que vous avez publié pour lecture ce même jour dans votre almanach de 2009, (que vous m'avez gentiment dédicacé), ce qui me parait tout à fait normal, et me permet de penser encore que je suis une bonne allusionniste ...et je me retire allegretto en empruntant les chaussures de sport suspendues sur le mur du son...
Par définition, puisque j'ai oublié, une allusion ne suffit pas... Désolé je ne comprends pas.
il manque le fil rouge de l'écriture? je faisais allusion à ce que vous avez indiqué à la date du 28 mars dans votre almanach 2009 (Schmitt et cynégétique), éditeur Jacques André. Je vous faisais signe que je vous ai lu, compliment indirect !
Merci à Ana pour sa sollicitude ,je n'ai été dépressive qu'une seule fois avant ma première crise d'inconscience,après je fus toujours euphorique,une espèce de surpression ,négation de la dépression.Aujourd'hui,je suis mieux car j'accepte l'aide d'un traitement médicamenteux et je répugne à laisser ce gentil commentaire sans réponse.
Bonjour, j'ignorais complètement la relation photographe et aide bourreau....
Etes vous spécialisé en Egyptologie sinon à quoi servaient les genres de souffleurs que les anciens Egyptiens avaient sous leurs pieds?
MERCI
JA
Je regarde volontiers les émissions sur l'égyptologie. Je lis quelques livres sur le sujet. Ça ne me qualifie pas pour répondre à votre question. Désolé.
Si vous vous y connaissez, pouvez-vous répondre à la mienne, SVP (ou qu'lqu'un d'autre) ? Les égyptiens jouaient au senet, l'ancêtre du jeu de l'oie. Comment doit-on prononcer ce mot ?