Résilience
Par le gardien le mercredi 5 octobre 2005, 00:33 - Singumots - Lien permanent
(Boris Cyrulnik).
Le lâcher-prise est une condition préalable à la résilience. Cyrulnik insiste également sur les "tuteurs" de résilience, les personnes de l'entourage qui aident à se ressaisir.
A toute chose…
Dans la résilience il y a plus que l'acceptation. Il y a, certes, acceptation car, sans elle, aucune rebondissement n'est possible, mais il y a aussi action en retour pour réparer sa blessure, en tirer la nécessaire leçon, apprendre à survivre et surtout à vivre. Ce n'est pas par hasard que le mot a pour origine la résistance des matériaux. Ceci évoque un rapport de forces (évident ou non), c'est-à-dire action et réaction. A toute chose malheur est bon. [mot demandé par Patdon]





Commentaires
N'est-il pas vrai que la résilience soit davantage un "lâcher prise" qu'un "bras de fer"? Résister est-il alors le terme qui convient? N'est-ce pas plutôt "transcender" qu'il conviendrait de dire?
Venir chez vous au réveil c'est entrer dans le questionnement avant le lever du soleil; si le café m'aide à ouvrir les yeux, vos billets stimulent mon entendement. Rien de tel pour planer ensuite dans le métro. Rires. Merci
Bien vu l'artiste !
Le lâcher-prise est une condition préalable à la résilience, sauf lorsqu'elle est donnée naturellement. Cyrulnik insiste également sur les "tuteurs " de résilience, les personnes de l'entourage qui aident à se ressaisir.
Oui, bien sûr, ces "tuteurs" sont prépondérants dans le phénomène de résilience ; encore faut-il en trouver de solides dans notre environnement, car même s'il existe un penchant naturel à se guérir d'un traumatisme, on le peut difficilement tout seul ...
La Providence place souvent ces "tuteurs" sur notre chemin : encore nous faut-il les "rencontrer" ...
J'aime assez Boris Cyrulnik, notamment parce qu'il considère l'individu dans son environnement (cf. ses études sur l'éthologie ou le comportement des oiseaux) et pas comme un "malade" seul avec son conflit. Les commentaires ci-dessus me font penser au non-agir de l'Orient (taoïstes en particulier) : la "réaction" ou la résistance dont il est question ici ne serait-elle pas (aussi) de cet ordre ? Acceptation mais non résignation, analyser mais sans se noyer...
Dans la résilience il y a plus que l'acceptation. Il y a, certes, acceptation car, sans elle, aucune rebondisssement n'est possible, mais il y a aussi action en retour pour réparer sa blessure, en tirer la nécessaire leçon, apprendre à survivre et surtout à vivre. Ce n'est pas par hasard que le mot (le concept, pour faire plaisir à Joël) a pour origine la résistance des matériaux. Ceci évoque un rappport de forces (évident ou non), c'est-à-dire action et réaction.
Tiens, ce dernier commentaire me fait penser à l'EMDR (oui, les idées s'associent parfois de façon précipitée chez moi, j'en ai pris mon parti), cette méthode de "rééducation psychologique" (décidément on est dans la psy en ce moment) qui consiste à faire faire des mouvements aux yeux pour stimuler le cerveau. Cela sert justement à désamorcer les séquelles post-traumatiques, quelle que soit la nature du choc subi par la personne.
Chacun doit trouver sa voie (sa voix, Savoie): hors sujet ma non troupeau.
Merci pour cette belle clarification, qui montre bien que la résilience est à l'opposé du "non-agir" ...
Juste un truc quand même : notre vision occidentale nous incite souvent à confondre "non-agir" et passivité, à le considérer de manière négative ; alors que "non-agir" n'est pas "ne rien faire", c'est plutôt de l'ordre de "accueillir (et favoriser avec délicatesse) ce qui vient". Euh... Je sais pas si c'est très clair, là, hem...
Accueillir activement ? Cela suppose que l'on choisisse... Et quand le malheur vous prend pour cible ?
Un roi voyage en forêt avec son Grand Conseiller et son valet.
Soudain, le roi chute, un rocher roule sur sa main et il a le pouce sectionné. Le roi se lamente d'être ainsi amputé. Le Grand Conseiller, pour l'apaiser, lui dit : "Dieu fait tout pour le mieux." Et le roi de se lamenter de plus belle et d'invectiver son Conseiller : "Comment ? Tu oses parler ainsi à ton roi ? Moi, dans mon auguste personne, je suis diminué physiquement et tu me dis que Dieu fait tout pour le mieux ? Dès notre retour, tu seras démis de tes fonctions de Grand Conseiller car manifestement tu ne possèdes pas la sagesse nécessaire pour tenir ce rang."
Ils poursuivent leur voyage et sont attaqués par une bande d'indigènes. Ces derniers se réjouissent : ils vont pouvoir offrir un roi en sacrifice à leur divinité ! Lorsque l'autel est prêt, au moment de procéder à l'immolation du roi désespéré, le prêtre s'aperçoit qu'il manque un pouce au roi. "Impossible d'offrir en sacrifice une personne mutilée, décrète le prêtre, Ce serait faire un affront à la divinité."
Et le roi est relâché. A son Grand Conseiller : "Je te demande pardon tu avais raison : Dieu fait tout pour le mieux."
(Note : Je ne sais plus d'où je tiens ce conte, pas des "Mille et une nuits" mais sans doute d'un truc du même genre)
Belles histoire. Elle n'est pas typique de la résilience, car la résilience part de soi et non d'une instance supérieure. Toutefois elle est un argument en faveur de la résilience. Elle fait penser au proverbe: "A toute chose malheur est bon"
C'est là, une fois de plus, que la sagesse de l'Orient et le nouveau regard posé par certain(e)s de nos co-occidentaux ces dernières années est intéressant pour faire le lien entre des approches différentes. Je pense en particulier à "La philosophie du Yi-KIng" par Carol K. Anthony, paru il y a pas longtemps (la flemme de regarder, là) et dans lequel il est donné une interprétation intéressante de tout ce qui a trait aux instances supérieures, justement : en l'occurence, la divinité, ce peut très bien être "simplement" une couche supérieure et silencieuse de la psyché (note : j'ai toujours un peu peur d'utiliser cette sorte de mots, sachant que, n'étant spécialiste de rien, je cours souvent le risque de ne pas respecter tout à fait leur sens premier).
C'est vrai que chacun met dans ces grands mots ce qu'il veut ou ce qu'il peut et que les définitions varient d'une personnalité à l'autre. Il n'en demeure pas moins que je suis d'accord avec ce que tu écris. Le Yi-king est un livre important qui témoigne d'une sagesse venue de l'aube de la civilisation.
Un jeu à la mode :
1. Allez dans vos archives
2. Retrouvez la 23e note ou celle proche de ce chiffre
3. Retrouvez la 5e phrase
4. Affichez le texte de la phrase ainsi que les instructions
5. Demandez à 5 personnes que vous aimez lire d'en faire autant.
Resilience : est-ce que Cyrulnik ne montre pas comment certaines personnes ont pu, toutes seules, surmonter, dépasser leurs blessures, traumatismes, puisant dans leurs ressources personnelles ?
Alors pourquoi faudrait-il expliquer, rationaliser ce qui n'a pas obéi à la rationalité ? Sera-t-on plus apte à la résilience après avoir lu les explications de Cyrulnik ? Sera-t-on plus capable d'aider une personne à surmonter ses épreuves ?
Je crois plutôt à l'effet inverse.
Ce qui caractérise ce dépassement, c'est le fait de ne compter que sur soi en écartant toute béquille.
Ce que tu dis convient à certaines personnes (toi, peut-être) mais d'autres ont besoin d'aide extérieure. C'est ce que Cyrulnik appelle 'les tuteurs de résilience'.
Ah,enfin quelqu'un qui le dit...Merci Jean-Louis.
De rien. C'est que, voyez-vous, ce n'est pas demain la veille qu'ils pourront nous dire à QUI ils s'adressent, de QUI ils parlent tous ces psychologues. De quelqu'un qui correspondrait à leurs descriptions, qui obéirait à un rapport de cause à effet ? Ce n'est pas sérieux. Pourquoi alors n'obéiraient-ils pas, eux aussi, à un rapport de cause à effet ? Pourquoi nous et pas eux ?
Vous voyez que tout cela ne tient pas debout.
Cs et Jean Louis, vous faites un procès d'intention : dans un premier temps vous décrivez ce que vous pensez être la méthode des "psy", puis vous leur reprochez ce que vous venez de décrire... C'est votre droit, je ne le conteste pas. J'espère seulement que vous ne pensez pas être les seuls détenteurs de la vérité sur les psy.
Je ne dirai rien. J'évite la polémique avec ceux qui voient la vie en rose. Celà m'est devenu inutile.
Oui, évitons, si possible, les procès d'intention. Je ne dis pas que les "psy" ne peuvent pas rendre service à leurs patients. De tout temps, il a existé des personnes de confiance suffisamment sages pour recevoir des confidences et donner des conseils. D'autres que des psy peuvent assumer cette tâche. La solution se trouve toujours chez celui qui a le problème. Le plus important étant de ne pas commettre d'erreur, de maladresse, tant sur le plan des paroles et interprétations que sur le plan de la technique ou procédure.
Ce qui est emminamment discutable et dangereux, ce sont toutes les théories qui sont élaborées sur le fonctionnement de la psyché humaine. Théories qui conduisent à des écoles, des dogmes, des illusions de pouvoir.
Nous sommes d'accord : ce n'est pas l'automobile qui est dangereuse, ce sont les conducteurs.
Eventuellement, si je peux me permettre, pour aller plus loin : article "savoir-vivre et innocence".