Biologiste, virologue et co-lauréat du Prix Nobel 2008 de Médecine avec Françoise Barré-Sinoussi pour avoir découvert en 1983 le VIH, le virus responsable du sida, le professeur Luc Montagnier récidive avec ce qui s'annonce comme une révolution dans la science. Il montre que certaines séquences de l'ADN des bactéries et de virus comme le VIH ont la propriété de générer des ondes électromagnétiques de basse fréquence en présence de hautes dilutions d’eau. Pour obtenir ces signaux il faut diluer mais également agiter la préparation, sinon il ne se passe rien. Il s’agit d’un phénomène de résonance, ce qui veut dire que l'énergie ne provient pas de l'ADN lui-même. Les signaux sont émis par le plasma sanguin grâce à des nanostructures (éléments dont la taille se situe entre 1 et 100 nanomètres), même après élimination des virus ou des bactéries par filtration. Les nanostructures sont capables de mémoriser partiellement l'information génétique et même de reconstituer le microbe ou le virus initial. Le phénomène est mesurable et reproductible. Le professeur Montagnier s’approche ainsi d’un phénomène essentiel, que nous croyons connaître mais qui échappe encore à l’entendement quant à son origine, la vie.

Ses travaux sur le virus du sida l’ont amené à reconsidérer ceux de Jacques Benveniste (1935-2004), si malmené à l’époque (1988) et qui ont conduit à son éviction de l’INSERM en 1995. Il reprend à son compte le modèle expérimental de la mémoire de l’eau, en le modifiant, en le rendant plus scientifique. Il pense que Benveniste avait raison mais que son schéma n’était pas 100% reproductible. Il rejette l’idée d’une fraude de la part de Benveniste (je l’ai rencontré à deux ou trois reprises et j'ai tendance à penser la même chose).


La mémoire digitale

Luc Montagnier déclare que l'on peut faire porter une information génétique par une onde magnétique et que l’eau conserve ainsi la mémoire de la séquence d'ADN. Ses recherches ouvrent la voie à l’identification des bactéries et virus par une méthode ultrasensible. De moléculaire la biologie est en train de devenir digitale.


Le diagnostic électromagnétique

Les applications qui en découlent sont nombreuses. En effet le professeur a détecté la présence d’un ADN d’origine bactérienne dans le plasma de personnes atteintes de maladies telles que l’autisme, la maladie d’Alzheimer, le Parkinson, la sclérose en plaques. De là à penser que ces maladies peuvent être traitées, voire prévenues, et même guéries par des antibiotiques aussi bien que par des traitements électromagnétiques il n’y a qu’un pas qu'il n’hésite pas à franchir.


Chronique d’une révolution annoncée

Pour faire une place à ces expériences la physique, la chimie, la biologie, la science en général ne vont pas pouvoir se débarrasser d’un prix Nobel sans examiner de près ses découvertes. Et quand on rencontre le personnage, ce qui a été mon cas au mois de mars dernier, on comprend très vite que non seulement il ne plaisante pas mais qu’il se donne les moyens de prouver ce qu’il annonce. Sa bonhomie n’a d’égale que sa rigueur et son extrême détermination. Il aime à répéter : « Les scientifiques ont trop tendance à penser ‘Ce que je ne comprends pas n’existe pas’ », ou encore cette citation de Carl Sagan : « L’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence. »


Bibliographie

L. Montagnier, J. Aïssa, S. Ferris, J.-L. Montagnier and C. Lavallée, Electromagnetic signals are produced by aqueous nanostructures derived from bacterial DNA sequences. Computational Life Sciences, 2009, Volume 1, Number 2, p 81-90

24 décembre 2010. Science, Volume 330. Interview du professeur Montagnier sur ses travaux et son exil en Chine : French Nobelist Escapes ‘Intellectual Terror’ to Pursue Radical Ideas in China.

L. Montagnier, J. Aïssa, C. Lavallée, M. Mbamy, J. Varon and H. Chenal, Electromagnetic detection of HIV DNA in the blood of AIDS patients treated by antiretroviral therapy. Computational Life Sciences, 2009, Volume 1, Number 4, p 245-253