Vernaculaire
Par le gardien le jeudi 3 novembre 2005, 00:02 - Singumots - Lien permanent
On qualifie de langue vernaculaire la langue communément parlée au sein d'une communauté. A ce titre, dans le système économique et commercial mondialisé tel que nous le connaissons, le français est, qu'on le veuille ou non, la langue vernaculaire de la communauté francophone, face à l'anglais qui en est la langue véhiculaire (langue servant de moyen de communication entre des populations parlant des langues différentes); [mot demandé par J.-F Nadaud]




Commentaires
Merci, cher Gardien, pour cette brillante définition.
J'étais à cent lieues de l’extension "mondialisatrice" du mot dans l'impitoyable et terrifiant monde commercial qui parraît-il désormais nous gouverne ici-bas ... La référence étymologique aux esclaves correspond bien à la société qui est en train de se tisser malgré nous. Restons vigilants !
C'est bien le sens de ce que je voulais faire passer.
Je suis (encore une fois) à la limite du hors sujet, mais je suis heureux d'avoir retrouvé sur la toile un poème en alexandrins que, toujours ému, me récitait mon père :
De l'accent! De l'accent! Mais après tout en-ai-je? Pourquoi cette faveur? Pourquoi ce privilège? Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord, Que c'est vous qui pour nous semblez l'avoir très fort Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde, "Ces gens là n'ont pas le parler de tout le monde!" Et que, tout dépendant de la façon de voir, Ne pas avoir l'accent, pour nous, c'est en avoir...
Eh bien non ! je blasphème! Et je suis las de feindre! Ceux qui n'ont pas d'accent, je ne puis que les plaindre! Emporter de chez soi les accents familiers, C'est emporter un peu sa terre à ses souliers, Emporter son accent d'Auvergne ou de Bretagne, C'est emporter un peu sa lande ou sa montagne! Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s'enfuit, L'accent? Mais c'est un peu le pays qui vous suit! C'est un peu, cet accent, invisible bagage, Le parler de chez soi qu'on emporte en voyage! C'est pour les malheureux à l'exil obligés, Le patois qui déteint sur les mots étrangers!
Avoir l'accent enfin, c'est, chaque fois qu'on cause, Parler de son pays en parlant d'autre chose!...
Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent! Je veux qu'il soit sonore, et clair, retentissant! Et m'en aller tout droit, l'humeur toujours pareille, En portant mon accent fièrement sur l'oreille! Mon accent! Il faudrait l'écouter à genoux! Il nous fait emporter la Provence avec nous, Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages Comme chante la mer au fond des coquillages! Ecoutez! En parlant, je plante le décor Du torride Midi dans les brumes du Nord! Mon accent porte en soi d'adorables mélanges D'effluves d'orangers et de parfum d'oranges; Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris, Et le petit village où les treilles splendides Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides! Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin, A toutes mes chansons donne un même refrain, Et quand vous l'entendez chanter dans ma parole Tous les mots que je dis dansent la farandole!
Miguel Zamacoïs (1866-1955)
Ce beau poème, que je ne connaissais pas, mérite de figurer ici. Il en existe apparemment une version sonore lue par Fernandel. Sans commentaire.
De vernaculaire à véhiculaire,c'est spectaculaire ,non ? Cherchez dans les mots le sens de la vie,il s'y trouve.Il suffit de repenser les lettres une à une,en sachant qu'elles sont imposées par notre inconscient.En y laissant un message.(garde,je suis entièrement responsable de mes écrits,vous n'étes "qu'une" censure,à vous de savoir si elle est opportune,en sachant que je ne passe que par chez vous).