Dans la langue de bois les mots sont piégés, volontairement sortis de leur contexte pour mieux frapper (à tous les sens du terme). Il s'agit de farder la vérité, de la cacher tout en faisant semblant de la décrire, afin de s'en rendre maître. C'est la langue de la raison raisonnante dont le rôle, non avoué mais essentiel, est de bloquer la communication.

La langue de bois est la spécialité des politiciens, lesquels doivent nécessairement, comme on dit aujourd'hui, "ramer large" afin de recueillir le plus grand nombre possible d'opinions favorables, seul moyen, apparemment démocratique, de faire approuver leurs actions. Ils cherchent à donner l'impression qu'ils agissent au nom et dans l'intérêt du plus grand nombre alors qu'ils passent une bonne partie de leur énergie à rallier le plus grand nombre à leurs thèses.

Allons-nous leur laisser le monopole de cette hypocrisie légaliste ? Certainement pas. Le gardien organise, à partir du 3 janvier, un concours "Langue de bois". Préparez-vous à tordre la langue dans tous les sens jusqu'à lui faire dire ce que vous voulez à l'exclusion de l'intérêt du destinataire.

[Retrouvez ce billet dans L'Almanach 2009 du Garde-mots]