Anthropocentrisme
Par le gardien le lundi 20 août 2007, 00:00 - Singumots - Lien permanent
Principe qui place l'homme au centre de l'univers. Du grec anthrôpos, homme.

Leonardo da Vinci. L'homme de Vitruve (circa 1490).
La plus calamiteuse et frêle de toutes les créatures,
c'est l'homme, et quant et quant [et en même temps]
la plus orgueilleuse (Michel de Montaigne).
Quelques repères
Pour en finir avec l’anthropocentrisme
Dans la mesure où l’homme a décidé, un jour, de partir à la conquête de la terre, on peut comprendre qu'il se soit laissé tenter par l’anthropocentrisme.
Ce système est-il, pour autant, légitime ? De même que le géocentrisme de Ptolémée a cédé, au fil des siècles, le pas à l’héliocentrisme sous les coups de boutoir de Copernic, Kepler, Galilée et de quelques autres, de même l’anthropocentrisme doit cesser, en tout cas avoir un rôle plus modeste dans l’univers. Certes, l’enjeu n’est pas le même puisque la validation de l'héliocentrisme fut l’aboutissement d’une analyse scientifique, alors que l’abandon de l’anthropocentrisme systématique ne peut venir que d’une réflexion sur nous-mêmes. Il y va de l’intérêt supérieur des animaux, façon Bardot, mais aussi de celui de la nature, et plus égoïstement, mais c’est peut-être ce qui va tout déclencher, de notre propre intérêt. Toute considération religieuse mise à part c’est notre prétention à être les maîtres du monde qui nous place artificiellement au sommet de la création.
L'anthropocentrisme est-il naturel ou artificiel, prévu par l’ordre du monde ou usurpé ? Montaigne l'a refusé. Descartes, qui considérait les animaux comme des machines, en est resté très proche. Voltaire l'a épinglé. Charles Darwin (1809-1882) lui a porté un sérieux coup de boutoir en inscrivant l’homme dans la continuité de l’évolution. Sa découverte annule un bon nombre de différences entre l’homme et l’animal, même s’il subsiste des questions de degré dans certains domaines (réflexif, artistique, émotionnel, conscience de soi, libre-arbitre, etc.). L’absence de langage articulé n'est pas un argument : comme le suggérait Talleyrand, « la parole a été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée », elle ne saurait être un signe d’humanité.

Provenance du dessin : le site Pink Pig Page.
Pour avoir cette image en fond d'écran cliquez sur le cochon.
La culture, en tout cas le savoir acquis, existe chez les non-humains. Donnons-lui, sans idéologie, sa véritable place sur cette planète, car l’exclusion est arbitraire et stérile. Elle nous empêche de voir certaines de nos réalités.
L'Almanach 2010 du Garde-mots]





Commentaires
Oh là Monseigneur le Garde des mots, comme vous maniez la nitroglycérine ou autre explosif (et vasodilatateur, d'ailleurs), ça fait peur !
Ce mot de A.... (plus que tout autre, voire même celui de loup-garou) ébranle la meute...
Elle arrive : Ça va saigner !
Tant pis (ou tant mieux hein !) pour vous !
Les loups ont leur miracle parfois : A+
J'ai peur des loups-pets mais pas des loups-anges.
Je reviens, désolé…
Je trouve cet article sur l’anthropocentrisme très bon.
Cependant, je pense que c’est une erreur bien commune d’associer ce dessin de Vinci à cette notion d’anthropocentrisme dans la mesure où il exprime tout le contraire.
Vinci n’est pas l’homme de la Renaissance comme on nous l’a appris, il en fut un des démolisseurs.
Vinci était tout sauf un artiste (de son époque hein !) ; c’était un chercheur, un savant, un observateur, un géomètre et le premier philosophe des lumières et le seul « tableau du dimanche » qu’il ait peint pour s’amuser est sans doute la Joconde.
Il n’y a qu’à lire ses carnets, son blogue, pour s’en convaincre.
Son « homme de Vitruve » exprime non pas le nombril humain, mais bien le Nombre universel et l’universalité du nombre.
Il n’y a pas plus contemporain que Vinci, et je pense même qu’il a encore aujourd’hui plusieurs longueurs d’avance.
Mille excuses pour tant de longueurs sans doute stupides (mais j'ai fait le plus court possible)
Non, je trouve ce commentaire très intéressant. J'espère seulement qu'il n'est pas inspiré par ce très mauvais livre qu'est le "Da Vinci Code". Si cette image de l'Homme de Vitruve est un détournement, je revendique le droit au détournement. Habituellement on admet que l'intention de Leonardo était de montrer que le corps humain s'inscrit dans un cercle doublé d'un carré et qu'il est ainsi un symbole d'équilibre.
Oui mais c'est bien un homme qui se soucie d'équilibre et de respect.
Quid de cette phrase de Protagoras : " l'homme est la mesure de toute chose " Est-ce de l'anthropocentrisme ?
Peut-être considérer simplement que dans l'esprit de l'homme, l'homme ne doit pas occuper une place trop importante. Sans jamais oublier que c'est toujours l'homme qui décide et non les autres espèces.
oui...mais la joconde dans tout cela...?
cordialement.
el papou
Par sa réputation elle est à la tête de lard.
Ah oui, alors, à bas l'"anthropocentrisme", vive la solidarité avec nos frères les poulets, et tant qu'on y est pendons aussi tous ces arriérés qui croient encore en un dieu quelconque, et puis offrons des sacrifices végétariens aux vrais dieux que sont le vent, l'eau et le soleil ! Enfin, jusqu'au jour où nos petits enfants, nus comme nos frères les vers de terre, viendront vers nous le poing levé en réclamant la liberté des carottes et des poireaux !
Pardon si j'exagère, mais j'ai vraiment du mal avec la pensée actuellement politiquement correcte selon laquelle du simple fait d'être des êtres humains qui se sentent responsables du reste du monde, nous sommes taxés d'anthropocentrisme destructeur de l'équilibre de la création.
Nous sommes des animaux mais on n'est pas des bêtes !