Le Garde-mots

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vendredi 5 août 2011

Voltaire et le pape

Dans sa tragédie Le fanatisme ou Mahomet le prophète (écrite en 1739 et représentée pour la première fois en 1741) Voltaire s’en prend de façon apparente au « mahométanisme », terme de l’époque pour désigner la religion musulmane, et à son intégrisme. En fait il s’agit d’un tour, et même d’un détour, qui lui permet de critiquer subrepticement le christianisme. Dans sa jouerie, il va jusqu’à dédicacer sa pièce au pape Benoît XIV, lequel, en le remerciant, n’hésite pas à lui faire comprendre qu’il n’est pas dupe. Voltaire sera attaqué en justice pour sa pièce et devra la retirer. Ne soyons pas surpris par ce fait. Nous ne sommes même pas obligés de le remettre dans son contexte historique. Demandons-nous plutôt comment cette pièce serait reçue si elle était jouée aujourd’hui…

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lundi 4 juillet 2011

Voltaire et madame Denis

Madame Denis
François Marie Arouet, dit Voltaire, perd sa mère à l’âge de sept ans (1701). Il est élevé par sa sœur aînée, Catherine, dont l’une des filles, Marie-Louise, devient sa nièce préférée. Celle-ci se marie avec Nicolas Charles Denis en 1737. Déçu par cette union, Voltaire refuse d'assister au mariage et s’éloigne un temps de sa nièce. En 1744 elle perd son mari et leurs liens se resserrent à un tel  point qu’elle devient sa maîtresse et sa gouvernante. Leurs relations seront d’autant plus épisodiques que Voltaire ne peut oublier Émilie du Châtelet, et que Marie-Louise ne lui cache pas ses relations avec d'aimables jeunes gens. « Maman Denis » est le dernier mot que prononce Voltaire en mourant, le 30 mai 1778.

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lundi 20 juin 2011

Ana

Aux XVIIe et au XVIIIe siècles on accolait ce suffixe latin au nom propre de certains auteurs. Exemple : Voltairiana. Détaché et substantivé, le mot désigne le recueil des pensées d’un auteur. Il s’agit en outre d’un palindrome.

Synonymes et mots voisins : abrégé, aide-mémoire, analecte (morceaux choisis d'un auteur), anthologie, aperçu, chrestomathie (recueil de textes d'auteurs classiques), collection, compendium (résumé de l'ensemble d'une science, d'une doctrine), condensé, épitomé (abrégé d’un ouvrage historique ; du grec épitomê, lui-même de temnein, couper), extraits, florilège, manuel, mélanges, mémento, mémorandum (note destinée à rappeler quelque chose), morceaux choisis, pages choisiesprécis, recueil, résumé, sélection, sommaire, spicilège (recueil de documents), textes choisis.

lundi 6 juin 2011

Voltaire et madame du Châtelet

La liaison qui fait encore rêver les admirateurs de Voltaire est celle qu'il entretint avec Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet (1706-1749). Elle dura de 1734 à la mort de madame du Châtelet. Voltaire était séduit par sa grande intelligence. Mathématicienne, passionnée de sciences, elle avait reçu la même éducation que ses frères, ce qui était exceptionnel pour l'époque. Ils furent amants, mais pas seulement. Ils  étaient également unis par leur amour de la physique, de la métaphysique et de la littérature.

En 1734 Voltaire a maille à partir avec la police du roi Louis XV à la suite de la publication de ses Lettres philosophiques qui critiquent vivement les institutions. Le couple quitte Paris et s'établit dans un château à Cirey, en Champagne, tout près de la Lorraine où Voltaire pourra fuir en cas de nécessité. Le château est presque en ruines et Voltaire prête à son propriétaire, le mari d'Émilie, la somme de 40 000 francs pour les frais de rénovation. Ils vont y passer près d'une dizaine d'années.

Émilie et Voltaire y travaillent ardemment, lisent la Bible pour mieux en faire l’analyse critique, font des expérimentations de physique, jouent des pièces de théâtre, donnent de grandes fêtes. Ils constituent également une bibliothèque de plus de 21 000 volumes. Chacun commente les manuscrits de l'autre. Voltaire pousse Émilie à traduire et à annoter les Principia Mathematica de Newton, ouvrage qui est encore apprécié aujourd'hui.

En 1748, la marquise rencontre à Lunéville, à la cour du duc de Lorraine, le beau chevalier Jean-François de Saint-Lambert, poète à ses heures, de dix ans son cadet. Elle tombe enceinte de ses œuvres et meurt peu après ses couches.

Voltaire écrit à l'un de ses amis : « Je n'ai point perdu ma maîtresse, j'ai perdu la moitié de moi-même, une âme pour qui la mienne était faite, une amie de vingt ans que j'avais vu naître. » Leur correspondance, qui occupait huit volumes reliés, a été perdue, sans doute détruite par Saint-Lambert.

Telle est brièvement rapportée l’aventure intellectuelle et amoureuse d’un couple qui « préfigure celui de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Quelle modernité ! Ils partagent liberté amoureuse et liberté de pensée » note Élisabeth Badinter don son livre Émilie, Émilie, ou l'ambition féminine au XVIIIe siècle (Le Livre de poche).

Après le pays de l'Astrée en 2009 et celui de Roger Vailland en 2010, la Société des écrivains et du livre lyonnais et rhônalpins (SELYRE) organise cette année une sortie culturelle au château de Voltaire. L'événement aura lieu le samedi 24 septembre 2011 au départ de Lyon. Renseignements et bulletin d'inscription ici.

lundi 23 mai 2011

Voltaire et Piron

Alexis Piron
Alexis Piron est un écrivain satirique, auteur de nombreux épigrammes et de pièces de théâtre. Il fut élu à l’Académie française en 1753, mais Louis XV refusa son agrément à cause des poèmes licencieux qu’il avait écrit dans sa jeunesse, en particulier une Ode à Priape, que ses adversaires exhumèrent fort à propos et soumirent au roi. Suite à son éviction, son dernier trait d’esprit sera sa propre épitaphe :

    Ci-gît Piron qui ne fut rien,
    Pas même académicien.

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lundi 11 avril 2011

Voltaire était-il déiste ou théiste ?

L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer
Que cette horloge existe et n'ait point d'horloger.
                                                    (Voltaire)

*
Comme la plupart des philosophes du siècle des Lumières Voltaire était déiste. Il reconnaissait l’existence d'un être suprême et se méfiait des religions qui divisent les hommes. D’ailleurs il utilise le mot dans sa Lettre au docteur Pansophe. Certes, dans son Dictionnaire philosophique il emploie le mot théiste mais dans le sens de déiste. La distinction entre les deux mots n’interviendra qu’avec Kant :

Le théiste est un homme fermement persuadé de l’existence d’un Être suprême aussi bon que puissant, qui a formé tous les êtres étendus, végétants, sentants, et réfléchissants; qui perpétue leur espèce, qui punit sans cruauté les crimes, et récompense avec bonté les actions vertueuses.
Le théiste ne sait pas comment Dieu punit, comment il favorise, comment il pardonne; car il n’est pas assez téméraire pour se flatter de connaître comment Dieu agit; mais il sait que Dieu agit, et qu’il est juste. Les difficultés contre la Providence ne l’ébranlent point dans sa foi, parce qu’elles ne sont que de grandes difficultés, et non pas des preuves; il est soumis à cette Providence, quoiqu’il n’en aperçoive que quelques effets et quelques dehors; et, jugeant des choses qu’il ne voit pas par les choses qu’il voit, il pense que cette Providence s’étend dans tous les lieux et dans tous les siècles.

Réuni dans ce principe avec le reste de l’univers, il n’embrasse aucune des sectes qui toutes se contredisent. Sa religion est la plus ancienne et la plus étendue; car l’adoration simple d’un Dieu a précédé tous les systèmes du monde. Il parle une langue que tous les peuples entendent, pendant qu’ils ne s’entendent pas entre eux. Il a des frères depuis Pékin jusqu’à la Cayenne, et il compte tous les sages pour ses frères. Il croit que la religion ne consiste ni dans les opinions d’une métaphysique inintelligible, ni dans de vains appareils, mais dans l’adoration et dans la justice. Faire le bien, voilà son culte; être soumis à Dieu, voilà sa doctrine. Le mahométan lui crie: « Prends garde à toi si tu ne fais pas le pèlerinage de la Mecque! » « Malheur à toi, lui dit un récollet, si tu ne fais pas un voyage à Notre-Dame de Lorette! » Il rit de Lorette et de la Mecque; mais il secourt l’indigent et il défend l’opprimé.


Voltaire a d’ailleurs écrit une prière à Dieu : « Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps... » (la suite est ici). Son déisme ne l'empêche pas de vitupérer contre l'Église et de reprendre à son propos la formule du marquis Jean-Baptiste de Boyer d'Argens « écraser l'infâme », c'est-à-dire l'intolérance fondée sur le dogme.

Sur son domaine de Ferney il fit construire une petite église avec, sur le porche, une dédicace où l'on peut lire : « Deo erexit Voltaire », « Érigé à Dieu par Voltaire », alors que les églises sont habituellement dédiées à des saints. « Voltaire » y est écrit en plus gros caractères que « Deo ».
[Vous pourrez lire ces mots en direct
le samedi 24 septembre 2011
en suivant ce lien]

vendredi 8 avril 2011

Voltaire en son château

Château de Ferney-Voltaire
Le château de Ferney

Après le pays de l'Astrée en 2009 et celui de Roger Vailland en 2010, la Société des écrivains et du livre lyonnais et rhônalpins (SELYRE) organise cette année une sortie culturelle au château de Voltaire. L'événement aura lieu le samedi 24 septembre 2011 au départ de Lyon. Renseignements et bulletin d'inscription ici.

lundi 4 avril 2011

Libertin

Personne aux mœurs très libres et qui s'adonne sans retenue aux plaisirs de la chair. Du latin libertinus, affranchi, esclave qui vient d’être libéré, lui même de liberare, libérer. Synonymes et mots voisins : arsouille, bambocheur, blasé, bon vivant, cavaleur, charnel, cochon, corrompu, coureur, crapuleux, cynique, débauché, dépravé, dérangé, déréglé, désordonné, dévergondé, dévoyé, dilettante, dissipateur, dissipé, dissolu, don Juan, drille, fêtard, fripouille, godailleur, goliard, grivois, immoral, impudique, incontinent, indécent, ivrogne, jouisseur, lascif, libidineux, licencieux, lovelace, luxurieux, mauvais sujet, noceur, paillard, passionné, perdu, pervers, polisson, porc, putassier, relâché, ribaud, ribleur, riboteur, roué, ruffian, satyre, sauteur, sensuel, sybarite, truand, vaurien, verrat, vicieux, viveur, voluptueux.

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vendredi 22 octobre 2010

Pérégrination

Long voyage en pays lointain à l’itinéraire compliqué. Ce mot s’emploie généralement au pluriel. Du latin peregrinatio, voyage à l’étranger.

Synonymes : allées et venues, campagne (voyage  en mer d'un bâtiment de guerre), circuit, circumnavigation (navigation autour du globe), croisière, excursion, expédition, exploration, itinéraire, navigation, odyssée, parcours, perambulation (voyage ; du latin perambulare, parcourir), périple (grand voyage d’exploration en bateau), route, trajet, tribulations (suite d'aventures plus ou moins désagréables), voyage.

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vendredi 30 juillet 2010

Linostole

Se dit de quelqu'un qui porte du lin. Du latin linum, lin, et stola, longue robe (pour hommes et femmes).

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