Amour sublimé et raffiné, sous forme d'une
possession mutuelle sans rencontre physique. Le terme apparaît pour la première
fois dans
Visages
cachés, l’unique roman de Salvador Dalí, publié en 1944. Née au sein d’un
cercle d’aristocrates cultivés et désœuvrés où les passions se déchaînent, la
relation platonique entre Solange de Cléda et le comte Hervé de Grandsailles
est un subtil mélange de mysticisme, d’érotisme, d’amour courtois et de
frustration. Dalí invente l'orgasme spontané, né de la seule imagination, sans
contact entre les corps. C'est, pour lui, le troisième volet de la relation
sado-masochiste, c'est-à-dire, comme il l'écrit, « le plaisir et la souffrance
sublimés dans une identification toute transcendante avec l’objet ».
Clédalisme est un mot-valise, où
Cléda s’articule avec Dalí pour nous donner, à l'évidence, la « clé Dalí ». Il
est établi que Dalí organisait des scènes érotiques au cours desquelles il ne
consommait pas, enfin, avec les autres. Il demeurait, en quelque sorte, fidèle
à Gala.
Le mot contient également le nom de Léda, dont le mythe est un symbole fort
pour Dalí. Il l'assimile à Gala, son épouse, dans le tableau Leda
atomica (1949). Zeus, le père des dieux, s'éprit de la belle Léda et comme
elle se refusait à lui, il se transforma en cygne pour la séduire par la ruse.
De ses ébats avec l'oiseau, Léda conçut un œuf d'où sortirent Pollux et
Hélène.

Leda atomica (1949).
Ce tableau a de quoi troubler car le phallus ailé que symbolise le cygne est en
état de lévitation, tout comme Gala. Aucun des acteurs et éléments de cette
composition ne touche l'autre, à part éventuellement la main de Gala, dont on
ne sait si elle est posée, ou non, sur la tête du cygne. Le tableau ne devrait
pas fonctionner et pourtant il nous enchante par sa grâce et son
équilibre.
Commentaires
dès le matin, hypnotisé par le miroir de port llegat, la caresse de dala m'éblouissait
merci de parler souvent de dali, trop boudé par les intellos frenchies
Foth. C'est un de mes peintres préférés. Son truc c'est d'avoir fait le clown pour que son image empêche de remarquer la qualité de sa peinture. J'en rajoute à peine, même s'il Il le faisait également pour être célèbre et gagner beaucoup d'argent.
Dandylan. Tu as raison. Tu reconnaitras toutefois que le mot est savoureux et peu connu.
Si vous passez par Brugge ...
Je ne connaissais pas mais j'irai sûrement un jour. Dans le même ordre d'idée le musée Dalí de Paris, à deux pas de la place du Tertre, vaut le déplacement. On y trouve de très belles œuvres. Il y a aussi des anamorphoses comme celle-ci :
Ah les relations virtuelle peuvent donc mener au clédalisme. Mais j'avoue que c'est quelquefois assez troublant. Dali aurait donc défini par ce mot la magie du virtuel... Pour ceux qui l'ont vécu, ils savent de quoi je parle...
Sur certaines routes des Alpes traversant un pâturage, on trouve des clédars, sortes de barrières mobiles destinées à empêcher les vaches de divaguer.
Même s'il y a un "r" de trop, ça n'empêche pas les blogueurs de divaguer.
Mais Dali l'avait aussi prévu.