Ceci n'est pas un concours
Par le gardien le vendredi 9 novembre 2007, 01:11 - Gardimots - Lien permanent
Vous allez lire ci-dessous le début d'une nouvelle. La suite est prête mais je ne la publierai que lorsque quelqu'un aura trouvé sa particularité. Il suffit d'un seul commentaire donnant la solution pour que je l'affiche. Si personne ne trouve je garderai ma nouvelle sur mon disque dur. Vous le découvrez : le défi est vis-à-vis de moi-même car j'ai envie de publier ce travail. En même temps je ne suis pas mon propre héautontimorouménos : j'afficherai chaque jour, si nécessaire, un indice pour vous faciliter la tâche. Du moins tant que j'en aurai, mais je ne donnerai pas la solution directement, c'est juré.
En fait, tout ça c'est plus amusant que risqué car Joël va certainement trouver dès qu'il passera par le Garde-mots. La dernière fois, à l'occasion de mon billet Catastrophe, c'est lui qui a donné la solution de l'énigme littéraire.
Journal de bord
• Dimanche 11 novembre, 22 h 30 : dans le texte qui suit vous avez la solution 38 fois sous les yeux.
• Dimanche 11 novembre, 22 h 57 : l'énigme a été très vite découverte par M. Il s'agissait de remarquer que la nouvelle contient des mots (y compris le titre) comportant chacun les 5 voyelles aeiou.
Le concubinage et le cocufiage ne diffèrent que sur un point : le nombre des mensonges. L'essentiel, comme le prétend l'usage contemporain, est de couchailler à droite et à gauche sans se soucier de la conjugalité, de s'acoquiner avec les créatures les plus fantasques jusqu'à en être satisfait ou repu. "Viens que je te bouillave, déclare-t-on aujourd'hui, sans autre forme de désir. Selon certaines règles non écrites, le fornicateur doit posséder une aptitude orgasmique à toute épreuve et, quand la conversation s'y prête, affirmer à qui veut l'entendre qu'elle est, chez lui, régulièrement assouvie. À chaque partenaire une nouvelle chatouille, une papouille inédite, une gratouille éprouvée, un trait émoustillant. Il faut, à tout moment, inventer des caresses modulaires. Celui qui se livre sans retenue à la dégustation orgiaque, au coquinage branchouillé, à l'amour souterrain, fait l'admiration de ceux qui se vantent autant que lui. Certains connaisseurs optent pour l'émulation chaotique, d'autres pour des soulignages formels et convenus. Ils sont capables de pratiquer l'urolagnie à droite et le fétichisme à gauche puis de rentrer innocemment chez eux tels des boucaniers en maraude, après avoir écumé les soirées coûteuses et croustillantes des aoûtiens en mal de supplément copulatoire. Sur le chemin du retour ils affouillent dans le silence ouatiné de leur mémoire les images de dénudation qu'ils ont arrachées à la fournaise libertine. Ils reviennent en toute couardise au logis un instant délaissé avec le sourire épanoui des gargouilles pendant l'orage. Ils préparent en chemin des arguments sans consistance qu'ils débitent d'une voix assourdie, démontrant ainsi qu'ils ne sont pas vraiment passés maîtres dans l'art de la persuasion.
[la suite est ici]





Commentaires
Je n'ai pas compté s'il y en avait 38, mais il y a un grand nombre de mots qui contiennent toutes les voyelles (a, e, i, o, u).
M.
Bravo, je ne pensais pas que l'énigme serait résolue aussi vite. Je précise que chaque voyelle ne se trouve qu'une fois dans les mots. "Automatique" par exemple ne pouvait être candidat. Je relis et j'affiche vers minuit. Je précise également que j'affiche mes billets la veille au soir. il n'est donc pas étonnant, dans ces conditions, que la solution ait été trouvée dimanche pour un billet daté de lundi.
Je crois que c'est ce qu'on appelle un panvocalisme.
Je ne connaissais pas ce terme, panvocalisme. Il s'agit d'un hapax (trois occurrences sur le Net). Ce mot est l'antonyme de monovocalisme. Merci.