Le Garde-mots

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Psychothérapie

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 6 mars 2009

Philothérapie

Une vie sans examen
ne vaut pas la peine d'être vécue
(Socrate)

Entretien philosophique au cours duquel on peut  trouver des réponses aux questions existentielles. Il ne s’agit, pas pour le philosophe, d‘inculquer ses propres pensées ni pour le consultant de prétendre guérir par cette voie. Le but est de penser par soi-même, de mieux vivre grâce à l'analyse critique et de progresser vers la sagesse. Le consultant apprend à se poser les bonnes questions,  à assumer ses choix, à donner un sens à sa vie, en un mot à être plus lucide. Cette pratique a commencé en Allemagne en 1981 avec le philosophe Gerd Achenbach, mais, nous dit Platon, Socrate enseignait déjà la maïeutique, l'art d'accoucher les esprits. Les cafés philo, moins personnels, plus collectifs, sont dans le même esprit. Ils sont apparus en France en 1992, autour de Marc Sautet.

Lire la suite...

lundi 17 décembre 2007

Mars ou crève

MarsMars est le titre bref et guerrier d'un essai autobiographique dans lequel Fritz Zorn (1944-1976) analyse de manière simple et lucide le lien entre son cancer et son éducation. Il est mort à trente-deux ans, le jour même où son éditeur devait venir à l'hôpital lui annoncer qu'il acceptait son manuscrit. Il ne saura jamais qu'il a laissé un livre important.

Né à Zurich sur la bonne rive du lac, celle qu'on appelle "la Rive dorée", il grandit au sein d'une famille aisée où règne une harmonie si parfaite qu'il en mourra. Enfant tranquille, poli, résigné, "terriblement sage", il ne jure jamais, évite tout ce qui pourrait être grossier, impur. C'est un petit adulte qui vit dans une somptueuse villa où l'on aime "à être correct plutôt que vivant". Les tabous, les non-dits, les mensonges font que sa jeunesse se déroule sans histoire.

Une fois parvenu à l'âge d'homme il est seul, atrocement seul, et d'une timidité maladive. Il n'a aucune vie sexuelle, laquelle lui paraît répugnante aussi bien avec les femmes qu'avec les hommes. D'ailleurs il éprouve un sentiment de honte pour les réalités du corps, le mot même lui est insupportable. Il redoute sa propre nudité. Il a peur de rougir, ce qui provoque facilement, chez lui, une rougeur émotive. Il considère son cancer comme le résultat logique et implacable de sa vie sans relief, où le désir est interdit. Sans relief mais non sans joie car, s'il est lui-même dépressif et névrosé, il n'en est pas moins, à l'époque où il est étudiant en linguistique, l'ordonnateur des fêtes de ses camarades.

Il raconte son histoire pour tenter de découvrir comment il a pu être victime d'un lymphome malin, en quelque sorte il cherche à comprendre pourquoi il est sur le point de mourir libéré. Après une longue hésitation il tente de se sauver lui-même par la psychothérapie : elle lui permettra au moins de comprendre son histoire, si ce n'est de s'en débarrasser. Elle lui donne l'occasion d'inventer des expressions qui le protègent et nous donnent les clés de sa vie intérieure : "idiotie affective", "désespéré normal", "garant du milieu bourgeois cancérigène". Elles montrent à quel point ses défenses - le véritable fil rouge du livre, - constituent autant d'îlots de résistance.

Il écrit sous le pseudonyme de Fritz Zorn (colère) mais son patronyme est Fritz Angst (peur, angoisse). Choisi ou hérité, le nom derrière lequel il abrite sa désespérance est pétri de connotations négatives, encore que la colère constitue un progrès par rapport à l'angoisse. C'est un premier pas, une tentative symbolique pour aller vers l'extériorisation. Il est en colère contre la société policée, les banquiers suisses, la vie qui ne sait pas le retenir. La révolte est en marche, la haine gronde, la révolution pourrait bien avoir lieu, à moins que l'appel au Diable ne soit une tentation trop forte. En tout cas, de son aveu même, il est en état de "guerre totale".

La distance entre ce qui est exprimé et la réalité sous-jacente est sans doute ce qui fait tout l'intérêt de cette écriture froide, distanciée, comme détachée. L'extrême solitude, le manque d’amour, la négation des besoins sont analysés avec précision. Fritz décrit son refoulement natif, l'éducation rigide et conformiste qui va le tuer, sans jamais obliger le lecteur à entrer dans son désespoir, sans rechercher la compassion. Décrivant sa maladie il va jusqu'à employer la métaphore du nazisme. Il stigmatise les "bonnes intentions" de ses parents qu'il compare aux "bons Allemands" qui, dans les camps de concentration, n'avaient fait qu'exécuter les ordres du Führer. Comme il le dit lui-même, il "a été éduqué à mort" et cependant il est prêt à leur pardonner. Hélas pour lui, il nous quitte au moment où il est au bord de mettre des mots sur ce qui lui arrive : "Chaque chose a son nom, la mort a aussi le sien." Un tel livre, que la pudeur interdit de qualifier de littérature, encore moins de chef d'œuvre, ne laisse pas indifférent. Sa lecture est l'occasion de prendre une leçon de vie et ce n'est pas le moindre de ses paradoxes.


[Vendredi nous parlerons d'un autre livre
à la fois semblable et différent.]

lundi 4 juin 2007

Écopsychologie

Discipline qui étudie l'action de l’environnement sur la psychologie et plus particulièrement l'effet de la nature sur l'équilibre des êtres humains.

Royauté ou loyauté de l'homme ?

L'écopsychologie affirme que la relation à autrui n'est pas seulement basée sur la culture et les rapports sociaux mais également sur la nature, où tout a commencé. Elle refuse la vision utilitariste d'un être humain tout-puissant, exploitant sans vergogne les ressources de son environnement. Un lien harmonieux, loyal, basé sur la communication de l'inconscient et de la nature, la réconciliation de l'individu et de son milieu, orienté vers la préservation de l'ensemble, est essentiel. Il n'est plus possible de fermer les yeux sur l'état du monde sous prétexte qu'on refuse d'avoir peur. Il est temps de retrouver des chemins que nous n'aurions jamais dû quitter. L'écopsychologie institue la conscience écologique dont elle fait, de surcroit, un moyen thérapeutique, l'écothérapie. Nous voici revenus au chamanisme mais ceci serait plutôt une bonne nouvelle. On se prend à espérer de cette discipline plus de satisfactions individuelles et moins de désordres sociaux. Il s'agit d'une utopie réalisable : le retour à la nature comme moyen de prévenir et de combattre la violence… En tout cas cet humanisme écologique, gratuit, pensable, indispensable, est le bienvenu. La santé mentale, le bien-être individuel mais aussi collectif et planétaire sont à ce prix. Nous nous soignons, nous protégeons nos descendants et en même temps nous sauvons la planète. Un beau programme …

L'homme qui parlait à l'oreille des arbres

Nous devons le concept d'écopsychologie à Theodore Roszak, ("The Voice of the Earth" [La voix de la Terre], 1992 ; "Ecopsychology : Restoring the Earth, Healing the Mind ", [Écopsychologie : Remettre la Terre à neuf, guérir l'esprit], 1995). Professeur d'histoire à l'université de Californie de Berkeley, essayiste, historien, sociologue et romancier de science-fiction, né en 1933, il a été inspiré dans sa démarche par Gregory Bateson, de l’école de Palo-Alto, qui publia en 1977 « Vers une écologie de l’esprit ».

Lire la suite...