Étymologie
Par le gardien le vendredi 21 novembre 2008, 00:00 - Métamots - Lien permanent
Ils peuvent dériver d’un état plus ancien de la langue à laquelle ils appartiennent, de celui d’une autre langue ou être des néologismes. Les mots dont ils dérivent sont appelés racines ou étymons. Un même étymon, assorti d’un affixe, peut donner par des voies diffé- rentes (savante et populaire) des mots voisins de signification plus ou moins semblable qui forment un doublet. Le mot savant est généralement plus proche de l’étymon que le mot po- pulaire, lequel a subi une évolution phonétique plus importante. Exemple : camp et champ, à partir du latin campus ; aigre et âcre, à partir du latin acer ; friction et frisson à partir du latin frictionem ; échelle et escale à partir du latin scala ; hôtel et hôpital, à partir du latin hospita- lis ; orteil et article à partir du latin articulus ; haschisch et assassin à partir de l'arabe hashshâshîn ; zèle et jalousie à partir du grec zêlos.
Du grec etumologia, lui-même de etumos, vrai, véritable, et logia, étude ; d'après sa propre étymologie, l'étymologie est donc l'étude du vrai sens des mots.
L'évêque Isidore de Séville (v. 560-636) rédigea une véritable encyclopédie critique du savoir de son temps, en 20 livres, intitulée Etymologiae sive origines (Étymologies sur les origines) dans laquelle il se servit de l'origine des mots pour expliquer l'origine des choses. Il fonda ainsi I'étymologie dans son acception la plus large.
Quelques étymologies pittoresques
Bougre. Du latin bulgarus, bulgare ; les Bulgares étaient critiqués au Moyen Âge en raison du mouvement hérétique des Bogomiles, né chez eux au Xe siècle.
Candidat. Du latin candidus, blanc ; dans la Rome ancienne les candidats aux fonctions publiques s’habillaient de blanc lorsqu'ils sollicitaient les suffrages de leurs concitoyens.
Cannebière. Du provençal canabe ou canebe, chanvre, parce que des champs de chanvre (cannabis) y étaient plantés.
Canicule. Du latin canicula, petite chienne ; c'est le surnom de Sirius, étoile principale de la constellation du Grand Chien ; on a donné par métonymie le nom de canicule à la période de chaleur pendant laquelle Sirius se lève et se couche en même temps que le soleil.
Carabin. Du vieux français escarrabin, ensevelisseur de pestiférés, lui-même du mot escarbot, nom d'un insecte fouillant la terre.
Catimini. Soit du grec byzantin katamênia, menstrues ; soit du picard catte-mini, chatteminette.
Chélidoine. Du grec khelidôn, hirondelle ; les anciens croyaient que l'hirondelle guérissait les maladies des yeux de ses petits avec le suc de cette plante.
Délirer. Du latin delirare, s'écarter du sillon, lui-même de de, et lira, sillon.
Espiègle. Du nom de Till Eulenspiegel, dit Till l'espiègle héros facétieux de la littérature populaire du nord de l'Allemagne.
Fesse. Du latin fissum, fente.
Hypocrite. Du grec hupokritês, acteur.
Hystérie. Du grec hustera, matrice, parce que les anciens plaçaient le siège de cette affection dans l'utérus.
Idiot : Du grec idiotes, simple particulier, ignorant, homme sans éducation, par opposition à magistratus, magistrat.
Ignoble. Du latin in, privatif et nobilis, noble, d'où : non noble.
Mélancolie. Du grec kholê, bile et melas, noire, car la médecine grecque attribuait la tris- tesse à un excès de bile noire, un des quatre éléments qui étaient censés constituer le corps humain.
Monnaie. Du latin moneta, littéralement "la conseillère", surnom donné à Junon, dont le temple servait à frapper la monnaie.
Ministre. Du latin minister, serviteur, lui même de minus, inférieur.
Niais. Du latin nidax, lui-même de nidus, nid ; littéralement, qui a été pris au nid, qui ne sait pas encore voler.
Orchidée : du grec orkhis, testicule, d’après la forme des racines.
Ostracisme. Du grec ostrakon, coquille ; les citoyens inscrivaient sur des tessons de cérami- que ressemblant à des coquilles d'huître le nom de l'un d'entre eux, lequel était alors banni pour dix ans.
Pétrole. Du latin petra, pierre et oleum, huile ; mot à mot, huile de pierre.
Pharmacie. Du grec pharmakon, médicament, mais aussi poison.
Révolution. Du latin revolvere, revenir à son point de départ.
Salaire. Du latin salarium, ration de sel (d'un soldat par exemple), lui-même de sal, sel.
Sinistre. Du latin sinister, gauche ; dans les croyances antiques la gauche était considérée comme néfaste.
Travail. Du latin tripallium, instrument de torture formé de trois pieux.
Vendredi. Du latin Veneris diem, jour de Vénus .
Quelques exemples d'emprunts lexicaux
On désigne sous le nom d'emprunt lexical le fait, pour une langue, d'introduire dans son cor- pus un terme venu d’une autre langue, ce qui représente environ 15 % du français usuel. Voici quelques exemples, en fonction de la langue à laquelle les mots ont été empruntés.
- allemand : blanc, bleu, blond, brun, bock, choucroute, convoi, gris, halte, jardin, laid, maré- chal, trinquer, vasistas.
- anglais : bar, blackbouler, club, gag, handicap, humour, paquebot, slip, steak.
- arabe : abricot, alambic, alcool, algèbre, almanach, amiral, arsenal, artichaut, bougie, café, camphre, carafe, carat, chemise, chiffre, chimie, coton, douane, échec, élixir, épinard, épon- ge, estragon, fanfaron, gazelle, gilet, girafe, hasard, jupe, laque, magasin, massage, mate- las, mazout, momie, mousseline, nacre, nénuphar, orange, raquette, récif, quintal, satin, si- rop, sorbet, tabouret, talc, talisman, tambour, tasse, zéro, zouave.
- basque : bagarre, orignal.
- breton : baragouin.
- catalan : aubergine.
- chinois : ginseng, kaolin, thé.
- danois : édredon.
- espagnol : anchois, camarade, eldorado.
- francique (langue des Francs) : baron, blason, éperon, épieu, fauteuil, félon, fief, harangue, heaume, hêtre, jardin, marais, orgueil, rang, sénéchal.
- gaulois : alouette, ambassade, ardoise, arpent, balai, bec, bercer, bief, boisseau, bouc, boue, bouleau, brasser, bruyère, cervoise, char, charançon, charger, charpente, charrue, chemin, chêne, cloche, craindre, crème, dartre, dru, druide, dune, galet, glaise, gobelet, gosier, if, jante, jarret, lande, lieue, lotte, mouton, orteil, quai, ruche, sapin, savon, sillon, soc, suie, talus, trogne, truand, valet, vassal.
- grec : académie, adamantin, écholalie, empathie, ithyphalle, kalepomentaneïnomineïologie, Myrmidon, péripatéticienne.
- hébreu : capharnaüm, échalote, géhenne, maëlstrom, tohu-bohu.
- hongrois : hussard, sabre.
- indonésien : ylang-ylang.
- italien : alerte, aquarelle, banque, bizarre, bouffon, escarcelle, faillite, filigrane, fioriture, mandorle, porce- laine, solfège, sonnet.
- langues amérindiennes : acajou, ananas, anorak, cacao, caoutchouc, chocolat, cobaye, haricot, maïs, patate, quinquina, jaguar, maïs, ouragan, savane, tabac, tomate.
- latin : agriculture, captif, castramétation, funèbre, nihilisme, populicide, roi.
- malais : mandarin, orang-outang.
- néerlandais : cauchemar, chaloupe, colin, godet, vacarme, yacht.
- népalais : panda.
- norvégien : ski.
- persan : badiane.
- polynésien : tabou.
- portugais : albinos, autodafé, balise, bambou, baroque, caramel, fétiche, zèbre.
- sanskrit : laque, lilas, mandarin, nénuphar, pagode, palanquin,santal.
- tibétain : yak.
- turc : kiosque, yoghourt.
L'Almanach 2010 du Garde-mots]




Commentaires
Merci pour ces étymologies pittoresques,
leur liste est constituée de paires amusantes :
Bougre-Candidat: ils faut des premiers pour élire les seconds
Cannebière-Canicule: la seconde sur la première, souvent
Carabin-Catimini: pour ce travail la discrétion s'impose
Chélidoine-Délirer: tout médicament, ou supposé tel, peut avoir des effets secondaires
Espiègle-Fesse: Lafesse est espiègle c'est bien connu (je parle de Jean-Yves)
Hypocrite-Hystérie: ce n'est pas la seule chose qu'y placaient les grecs anciens... les hypocrites.
Idiot-Ignoble: il cumule les mauvais points
Mélancolie-Monnaie: depuis le récent krach... bien sûr
Ministre-Niais: je ne citerai personne
Orchidée-Ostracisme: là je sèche, il y a une racine d'orchidée dans le potage
Pétrole-Pharmacie: le lien est évident
Révolution-Salaire: le lien est encore plus évident
Sinistre-Travail: dans ces cas-là on se dit : Vivement ...
Vendredi !
Inattendu et drôle.
breton : baragouiner (pain + vin)
Merci de le rappeler. Je l'ajoute d'autant plus volontiers qu'il y a déjà un billet sur ce sujet dans le Garde-mots.
Cravate: vient de l'ornement vestimentaire que portaient les Croates (mot éponyme?) pendant la guerre de Trente ans, et plouc, du breton, pour paroissien (non injurieux en breton).
Bien vu Castafiore...
pour en revenir au début du billet, à noter que Acer désigne également le nom latin de l'érable (ex : acer campestre pour érable champêtre): un rapport avec le sens de l'adjectif latin "acer" qui signifie vigoureux, rude et qui désignerait un arbre robuste ?
La réponse est "plutôt oui". Je la tire du Dictionnaire étymologique de botanique de François Couplan, que je recommande à toutes les personnes qui s'intéressent à cette discipline un peu particulière : "Peut-être parce que le bois, dur, servait à faire des hampes de lances, à l'extrémité pointue".
Je ne polémique pas, je dis seulement que je ne donne rien pour rien. Vous faites encore une projection.
merci pour le lien Le Gardien, l'étymologie botanique est un vaste sujet ! on retient en tout cas que l'étymologie en général n'est pas une science exacte...
C'est ce qu'ils appellaient,dans une émission hier soir,sur le cerveau,le fictif que l'on invente tous pour une bonne cohésion de nos idées,un enjolivement satisfaisant personnel de la vie,qui s'infiltre insidieusement.Ce n'est pas de la polémique,mais c'est courageux de dévoiler nos ressentis,et,dans ce cas,je ne vois aucune attaque digne de se justifier,seulement un point de vue que seule la personne ressent,et qui ,pour moi,détient une part de vérité.Nous ne faisons que marquer l'extérieur de notre être,c'est normal,nous le faisons d'autant plus,que nous en sentons la nécessité,avec abnégation,c'est l'intéret de vivre ;Il faut pouvoir le faire pour voir plus loin.Personnellement,je suis honorée de "marier" vos mots avec les miens.
Par ces temps d'austérité, nous jetterons moins et raccommoderons peut-être davantage, tels les personnages de La fameuse compagnie de la lésine,- un ouvrage italien du XVIIème siècle,- qui, ayant décidé de réparer eux-mêmes leurs souliers; avaient pris pour emblème le poinçon du cordonnier, à savoir l'alêne (lesina, en italien.)
La contamination du mot par l'avarice ainsi mise en scène a été à l'origine du sens actuel de lésine, doublet de alêne.
Notre Garde, lui, ne lésine pas sur l'étude des étymons! Et l'on trouve aisément chaussure à son pied.
Comment relier étymologiquement
le poing ... et la rosse ?
Je ne vois pas. Si vous avez un début d'idée c'est le moment de la donner. Je fouinerai un peu aprtout pour vous.
Si on prend l'éthymologie de "vie" connue,c'est pauvre. Par contre, si, on essaie d'analyser les lettres, une à une pour ce qu'on sait d'elles;
V, voie, c'est une flèche inversée qui pousse vers le haut.
I,inconnu,intelligence,en juif Jésus,avec un point stratégique.(c'est une lettre qui ne fait craquer).
E,c'est les autres,si on les a dans la poche,on va partout,dit "eux" et tu es sauvé.
Voila mon éthymologie perso.si tu réunis les 3 conditions, tu peux aller loin. Maintenant,ça vaut, ce que ça vaut, mais ça marche plutôt bien, je m'essaie sur les plaques d'immatriculation ,quand la radio est nase.
Je ne pense pas qu'on puisse relier,rosse à poing,car la rosse ne se fait pas qu'avec les poings,de plus l'un est une action,l'autre ,un des moyens de l'action.
Moi,je dirais,sans aller dans le détail des lettres,le poing, c'est la détermination du savoir faire,la rosse, c'est réhausser le niveau,chercher un compromis obligatoire. Mais alors, là, ça ne va pas plaire au gardien,car,je mélange les lectures à tout va,lettres écoutées, images symboliques....Je vais être recalée.J'ai coupé au plus court ,sinon, dans les détails,on n'en finit pas.
Dans poing ,on entend peut et "ou un",et g,avoir,gouter.On peut avoir le bonheur d'ètre un as.Je ne prêche pas la bagarre,pour moi,tout est figuré.
Je peux refaire mieux avec "rosse", mais vous allez vous lassez, vous n'avez pas ma conscience du monde,et je ne peux pas forcer la votre,elle est endoctrinée depuis des siècles et des siècles.
Trois remarques à propos de vos ddeux commentaires ci-dessus:
- Votre "Voie", c'est de la kabbale personnelle ; il n'y a aucune raison pour que ça ne marche pas pour vous ;
- Pourquoi, comme beaucoup de gens d'ailleurs, ajoutez-vous un "h" à "étymologie" ?
- Si je comprends bien il n'y a que vous qui ayez compris le système du monde ? La certitude des autres me fascine, sauf quand elle confine à l'intolérance et au fanatisme. Mon ignorance me donne le vertige, sauf lorsqu'elle m'instruit.
D'abord merci de me passer, je n'aurais pas cru.
Un "h",je l'ai mis inconsciemment bien sur, pour moi il symbolise le secret.
Première fois que j'entends parler de kabbale,encore merci.
Je ne détiens pas la vérité, je la cherche, et ça me plait pas, ça fait peur, donc je suis souvent repoussée, de là peut être mon dépit ,j'en ai marre de lutter contre l'étroitesse des acquis, je veux du nouveau, et personne n'en veut, je craque.
Pour continuer en si bonne voie,on peut voir les lettres dans leurs géométries,et leur trouver un autre langage.Il faut inventer d'autres sciences,métiers.
Par exemple,le B,c'est un 8 écrasé,une torsion de O,le travail de l'origine,c'est la lettre qui symbolise le plus l'infini. Pour moi,c'est le bien,2 parts égales.(il y a peut être une partie cachée,coupée,le mal ?)
Le C,sait,c'est le savoir,le controle,un O ouvert,c'est l'eau qui se déverse,qui sait ou passer.
Le D,un dé,le hasard,science supérieure,un O dont on ne voit pas l'autre moitié,trop grande pour nous.
J'arrète,je préfère essayer d'être lisible ,et le principe est exposé,il n'est pas ferme, je cherche,c'est tout, je pense qu'il y aurait matière à perfectionner,il faudrait de l'aide, et que ça intéresse....
Ver00, laissez laid Tim au logis.
Le poing sur les rosses est un jeu de mots et d'image pour ceux qui font le point sur les roses.
Merci, Untel,ça vaudrait mieux, surtout pour moi, c'est plus fort que moi...