Le Garde-mots

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vendredi 16 octobre 2009

Goguette

Dessin d'Ydel

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Ce mot ne s’emploie que dans l’expression être en goguette, c’est-à-dire « être d’humeur à faire la fête, tout en étant légèrement ivre ». De l'ancien français gogue, réjouissance, bonne humeur. On employait également autrefois l’expression chanter goguette, injurier quelqu'un. Au début du XIXe siècle les goguettes étaient des sociétés chantantes qui se produisaient dans les cabarets. La locution adverbiale à gogo (abondamment) et le mot goguenard (qui se moque en plaisantant) ont la même origine. Ce mot fait également penser au fameux air de La Traviata de Giuseppe Verdi Libiamo ne'lieti calici, buvons dans de joyeux calices. Synonymes : agape, bamboche,  beuverie, bombance, bombe, bringue, débauche, fête, foire, godaille, gogaille, noce, ribote.

lundi 14 septembre 2009

Spigélie

La spigélie, ou brinvillière, est une plante originaire des Antilles et de l'Amérique du Sud. Ses fleurs sont rouges en dehors, blanchâtres en dedans. Leur odeur est fétide et a un pouvoir somnifère. Les médecins l’utilisaient autrefois pour tuer les vers, d’où son nom savant de Spigelia anthelminthica, mais la pratique a été abandonnée car la spigéline qu'elle contient a une action convulsivante. Le nom de spigélie rappelle le souvenir d'un vieux botaniste, né en 1578 à Bruxelles, Adrien van den Spieghel, dit Spigelius.

Dessin d'Ydel

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vendredi 11 septembre 2009

La littérature en estampes

Dessin de Töpffer


« L'on peut écrire des histoires avec des chapitres, des lignes, des mots : c'est de la littérature proprement dite. L'on peut écrire des histoires, avec des successions de scènes représentées graphiquement : c'est de la littérature en estampes. »

Portrait de Töpffer
C'est ainsi que Rodolphe Töpffer (1799-1846), dessinateur, caricaturiste et écrivain suisse, décrit en 1845 l'art qu'il a inventé et que nous nommons aujourd'hui bande dessinée.  Il fut professeur de rhétorique, critique d'art, journaliste, directeur de pensionnat, membre du parlement du canton de Genève. Il est en outre l’auteur de romans, traités, récits de voyage et pièces de théâtre.

En 1827 il rédige à l’intention  de ses étudiants un album illustré, « Les Amours de monsieur Vieux-Bois ». Gœthe, qui a l'occasion de le feuilleter quelques années plus tard, est enthousiaste. L'ouvrage, publié en 1833, rencontre un succès immédiat. De nombreuses autres histoires en estampes, selon l'expression de l'époque, vont suivre. Töpffer est également le premier théoricien de la BD. Il écrit dans Essai de Physiognomonie (1845) : « Ce petit livre est d'une nature mixte. Il se compose d'une série de dessins autographiés au trait. Chacun de ces dessins est accompagné d'une ou deux lignes de texte. Les dessins, sans ce texte, n'auraient qu'une signification obscure ; le texte, sans les dessins, ne signifierait rien. Le tout ensemble forme une sorte de roman d'autant plus original, qu'il ne ressemble pas mieux à un roman qu'à autre chose ».

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lundi 7 septembre 2009

Sim

Un grand amuseur public et comédien, Simon Berryer, dit Sim, a rejoint dimanche un autre firmament.

Je dînai dans un petit restaurant, habituellement très fréquenté, mais où ce soir d'octobre 2004, quatre ou cinq tables seulement étaient occupées. À l'une d'entre elles Sim, avec deux ou trois autres personnes. Que faites-vous dans ces cas là ? Rien. Vous n'allez tout de même pas déranger quelqu'un sous prétexte qu'il est drôle, très connu et que vous l'avez reconnu ? Enfin, personne ne l'a fait... jusqu'à ce que Sim se lève pour quitter les lieux. C'est à ce moment précis qu'un beauf', il n'y a pas d'autre mot, se lève avec précipitation et lui serre la main en débitant une interminable série de phrases creuses. Comme il y a peu de clients, il n'y a pas besoin de tendre l'oreille. La scène se passe à haute voix et tout le monde peut en profiter : « Monsieur Sim, je suis heureux de vous rencontrer...  Je vous admire... Je... bla... bla... », et ainsi de suite pendant deux minutes et plus. Voici la fin de la conversation. Bien entendu, je n'invente rien.

- Sim. Monsieur, puis-je vous demander une faveur ?
- Beauf. Mais oui...
- Sim. Auriez-vous l'amabilité de me rendre ma main ?

L'autre est bien obligé de s'exécuter. Il n'en abandonne pas, pour autant sa proie.

- Beauf. Et qu'est-ce que vous vous faites à Lyon ?
- Sim. Je tourne un épisode de Louis la Brocante [1]...
- Beauf. Ah bon ? Je croyais que vous étiez à la retraite.
- Sim. Oui, mais je suis un intermittent de la retraite...

Sim quitte le restaurant dans l'hilarité générale d'au moins douze personnes. Sans doute la plus petite audience qu'il ait jamais eue. Mais heureuse d'avoir assisté à un sketch  improvisé avec talent.
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[1] Cet épisode a été rediffusé dimanche soir par France 3.

vendredi 17 juillet 2009

Messeoir

Ne pas être convenable.

Ce verbe, littéraire et vieilli, ne s'emploie qu'à la forme négative et à la 3e personne du présent, de l'imparfait, du futur de l'indicatif et du conditionnel présent. Exemple : "Un peu de jalousie, même injuste, ne messied pas à un amant" (Marivaux, Les fausses confidences). Étymologie : de seoir, être convenable, correct, normal, lui-même du latin sedere, être assis, siéger. S'écrit aussi messoir.

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vendredi 19 juin 2009

Cravate

Bande de tissu étroite et longue que l’on passe autour du cou sous le col de chemise, et que l’on noue par devant. Les deux pans verticaux pendent sur la poitrine pour servir d'ornement. Étymologie. Du mot croate Hrvat (qui signifie « croate ») en référence au foulard noué que portaient les cavaliers croates du régiment de mercenaires Royal-Cravate de Louis XIV. Synonymes et mots voisins : ascot (sorte de lavallière avec des plis au niveau du col), crémone (simple ruban de dentelle qu’on passait autour du cou à la fin du XVIIe siècle), cache-col  (écharpe étroite de soie placée autour du cou pour préserver le col et garantir du froid), jabot (ornement en mousseline ou en dentelle sur le devant d'un corsage, d'une chemise), lavallière (cravate à large nœud flottant), rabat (sorte de large cravate traditionnellement portée en plastron par les magistrats et les avocats), régate (l'ancêtre de la cravate actuelle), steinkerque (terme apparu lors de la bataille des Flandres du même nom, cravate au nœud simple dont l'extrémité passait dans la sixième boutonnière de l'habit).

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vendredi 15 mai 2009

Guilledou

Car souvent moins sage que fou
Il va courir le guilledou.
(Scarron)

Terme familier et vieux, utilisé uniquement dans la locution verbale Courir le guilledou, c'est-à-dire chercher des aventures galantes, aller la nuit dans des lieux de débauche. De l’ancien français guiller, tromper, et de l’adjectif doux (pris dans le sens d’agréable). Synonyme : courir l'aiguillette, courir la prétentaine.

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vendredi 17 avril 2009

Camouflet

En langage soutenu, affront destiné à vexer et à humilier. Du français du XVe siècle chault moufflet, mot à mot "chaud souffle", d’après le wallon moufler, enfler les joues, lui-même de moufle, gros visage aux traits épais. Le mot évoque une habitude malicieuse qui était de souffler une fumée épaisse au nez de quelqu'un avec un cornet de papier enflammé. Cette plaisanterie a inspiré une technique militaire du même nom qui consistait à souffler de la fumée sur l’adversaire pour l’étouffer, puis par métonymie, le sens de "fourneau de mine" qui servait à détruire une galerie ennemie.

Synonymes et mots voisins : affront, algarade,  avanie, brimade, calotte, couleuvre, gifle, humiliation, ignominie, injure, insolence, insulte, morgue, mortification, nasarde, offense, opprobre, outrage, rabrouement, raillerie, rebuffade, rosserie, sortie, soufflet, tort, vexation.

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vendredi 20 mars 2009

On s'ennuie benoîtement sur ce blog

C'est vrai, quoi. Plus de 800 billets en quatre ans... près d'1.300.000 clics... des mots qu'on ne peut même pas placer dans une conversation... De la philo-machin... de la poésie... de la linguistique... Un humour glacial. Un vil interdit sur le langage SMS. Les grossièretés sont aseptisées, ou alors il faut qu'elles soient signées Rabelais... Le désert, je vous dis...

Rassurez-vous. J'ai trouvé de quoi réveiller le Garde-mots. Et en plus c'est instructif.

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lundi 16 mars 2009

Nanan


Mets exquis, friandise. Il s’agit d’une onomatopée employée autrefois par les enfants. D’où l’expression figurée : « C'est du nanan », qui signifie « C'est délicieux », « C'est d'une grande facilité », autrement dit « C’est du gâteau », ou encore « Je vais y arriver les doigts dans le nez ». Au Québec on emploie les variantes « nanane » ou « nénane ».

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