Le Garde-mots

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Tag - Littérature

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vendredi 26 août 2011

Parangon

Terme littéraire. Modèle par excellence, type accompli, exemple digne d'être imité, degré le plus haut d'une catégorie, représentant ce qui est le plus parfait. Exemple classique : « un parangon de vertu ». Ancienne expression : « mettre en parangon », comparer. Étymologie : de l’espagnol parangón, comparaison,  altération de l’italien paragone, pierre de touche. Synonymes et mots voisins : archétype, comparaison, exemple, idéal, image, modèle, parangonnage (analyse comparative, intercomparaison), parangonner (comparer ; en typographie : aligner des polices différentes), phénix (personne douée de qualités exceptionnelles et unique en son genre), prototype, référence, représentant, trésor, type.

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lundi 22 août 2011

Marotisme

Archaïsme (expression obsolète) par imitation du style poétique de Clément Marot (1496-1544).

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lundi 1 août 2011

Penseur de l'au-delà

Jetons l'histoire
La
littérature

La géométrie
Avec l’eau de l’éternité

Ajoutons
Pour faire bonne impression
Un mot
Nos espoirs
L'imprévu

Refermons le livre en silence
Pour ne pas attiser la vie

lundi 6 juin 2011

Voltaire et madame du Châtelet

La liaison qui fait encore rêver les admirateurs de Voltaire est celle qu'il entretint avec Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet (1706-1749). Elle dura de 1734 à la mort de madame du Châtelet. Voltaire était séduit par sa grande intelligence. Mathématicienne, passionnée de sciences, elle avait reçu la même éducation que ses frères, ce qui était exceptionnel pour l'époque. Ils furent amants, mais pas seulement. Ils  étaient également unis par leur amour de la physique, de la métaphysique et de la littérature.

En 1734 Voltaire a maille à partir avec la police du roi Louis XV à la suite de la publication de ses Lettres philosophiques qui critiquent vivement les institutions. Le couple quitte Paris et s'établit dans un château à Cirey, en Champagne, tout près de la Lorraine où Voltaire pourra fuir en cas de nécessité. Le château est presque en ruines et Voltaire prête à son propriétaire, le mari d'Émilie, la somme de 40 000 francs pour les frais de rénovation. Ils vont y passer près d'une dizaine d'années.

Émilie et Voltaire y travaillent ardemment, lisent la Bible pour mieux en faire l’analyse critique, font des expérimentations de physique, jouent des pièces de théâtre, donnent de grandes fêtes. Ils constituent également une bibliothèque de plus de 21 000 volumes. Chacun commente les manuscrits de l'autre. Voltaire pousse Émilie à traduire et à annoter les Principia Mathematica de Newton, ouvrage qui est encore apprécié aujourd'hui.

En 1748, la marquise rencontre à Lunéville, à la cour du duc de Lorraine, le beau chevalier Jean-François de Saint-Lambert, poète à ses heures, de dix ans son cadet. Elle tombe enceinte de ses œuvres et meurt peu après ses couches.

Voltaire écrit à l'un de ses amis : « Je n'ai point perdu ma maîtresse, j'ai perdu la moitié de moi-même, une âme pour qui la mienne était faite, une amie de vingt ans que j'avais vu naître. » Leur correspondance, qui occupait huit volumes reliés, a été perdue, sans doute détruite par Saint-Lambert.

Telle est brièvement rapportée l’aventure intellectuelle et amoureuse d’un couple qui « préfigure celui de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Quelle modernité ! Ils partagent liberté amoureuse et liberté de pensée » note Élisabeth Badinter don son livre Émilie, Émilie, ou l'ambition féminine au XVIIIe siècle (Le Livre de poche).

Après le pays de l'Astrée en 2009 et celui de Roger Vailland en 2010, la Société des écrivains et du livre lyonnais et rhônalpins (SELYRE) organise cette année une sortie culturelle au château de Voltaire. L'événement aura lieu le samedi 24 septembre 2011 au départ de Lyon. Renseignements et bulletin d'inscription ici.

lundi 23 mai 2011

Voltaire et Piron

Alexis Piron
Alexis Piron est un écrivain satirique, auteur de nombreux épigrammes et de pièces de théâtre. Il fut élu à l’Académie française en 1753, mais Louis XV refusa son agrément à cause des poèmes licencieux qu’il avait écrit dans sa jeunesse, en particulier une Ode à Priape, que ses adversaires exhumèrent fort à propos et soumirent au roi. Suite à son éviction, son dernier trait d’esprit sera sa propre épitaphe :

    Ci-gît Piron qui ne fut rien,
    Pas même académicien.

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lundi 2 mai 2011

Aurélia

« Le rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes « d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible. Les premiers « instants du sommeil sont l’image de la mort ; un engourdissement nébuleux « saisit notre pensée, et nous ne pouvons déterminer l’instant précis où le « moi, sous une autre forme, continue l’œuvre de l’existence. C’est un « souterrain vague qui s’éclaire peu à peu, et où se dégagent de l’ombre et de « la nuit les pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des « limbes. Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer ces « apparitions bizarres : le monde des Esprits s’ouvre pour nous. »

Photo de Gérard de Nerval
Tel est le début d’Aurélia ou le rêve et la vie (1855), la dernière œuvre de Gérard Labrunie dit Gérard de Nerval (1808-1855). Il l’a rédigée en grande partie dans la maison de santé du docteur Émile Blanche où il reçut des soins à plusieurs reprises. Il dit lui-même qu’il donne  dans ce texte « les impressions d’une longue maladie qui s’est passée tout entière dans mon esprit. » Il s’est suicidé avant de l’avoir achevée.

Dans ce long poème en prose il part à la recherche de sa bien-aimée, la cantatrice Jenny Colon, rebaptisée Aurélia pour les besoins de la littérature, morte en 1842, et qu’il a aimée d’un amour platonique. En rêve il la transforme en mère universelle, ce qui n’a rien d‘étonnant quand on sait qu’il a perdu sa mère à l’âge de deux ans. La mort d'Aurélia représente pour lui « l'épanchement du songe dans la vie réelle », ce  qui lui permet de s’aventurer en terre inconnue, c’est-à-dire au sein de son propre mental, fait de mysticisme et de culpabilité, et de décrire des hallucinations qu’il prend pour la réalité. Les frontières entre le délire et lucidité sont incertaines et c’est ce qui fascine dans ce récit autobiographique, parangon de l’onirisme en littérature.

lundi 18 avril 2011

Actanciel

Schéma actanciel

Analyse qui permet, dans un texte littéraire (conte, roman, nouvelle, pièce de théâtre), d’étudier les rapports de force existant entre les « actants », c’est-à-dire les personnages qui font ou subissent l'action. Il s’agit d’un réseau systémique qui comporte six fonctions, invariables d’une œuvre à l’autre : le sujet, l’objet, l'opposant, l'adjuvant, le destinateur, le destinataire. On recherche, en partant d’un des personnages, si tous les éléments sont présents. Plusieurs fonctions peuvent être cumulées par un des personnages. Ce schéma a été créé par A. J. Greimas en 1966.

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lundi 4 avril 2011

Libertin

Personne aux mœurs très libres et qui s'adonne sans retenue aux plaisirs de la chair. Du latin libertinus, affranchi, esclave qui vient d’être libéré, lui même de liberare, libérer. Synonymes et mots voisins : arsouille, bambocheur, blasé, bon vivant, cavaleur, charnel, cochon, corrompu, coureur, crapuleux, cynique, débauché, dépravé, dérangé, déréglé, désordonné, dévergondé, dévoyé, dilettante, dissipateur, dissipé, dissolu, don Juan, drille, fêtard, fripouille, godailleur, goliard, grivois, immoral, impudique, incontinent, indécent, ivrogne, jouisseur, lascif, libidineux, licencieux, lovelace, luxurieux, mauvais sujet, noceur, paillard, passionné, perdu, pervers, polisson, porc, putassier, relâché, ribaud, ribleur, riboteur, roué, ruffian, satyre, sauteur, sensuel, sybarite, truand, vaurien, verrat, vicieux, viveur, voluptueux.

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dimanche 19 septembre 2010

Écriture automatique

*
Procédé qui consiste à écrire au fil de la voix intérieure, sans contrôle de l’esprit, encore moins de la pensée. Cet abandon aux mystères de l’inspiration, au cours duquel les mots  se présentent d’eux-mêmes, produit des textes poétiques et très souvent surprenants.  Il s’agit de laisser courir sa plume, au fil de l'improbable,  sans s'arrêter, pour mieux se réjouir ensuite du résultat. Le style, authentique et qui a sa propre cohérence, n’est pas maîtrisé. Le hasard, l’inconscient, l’inspiration sont ses maîtres.

Le premier ouvrage écrit selon cette méthode, Les Champs magnétiques, d’André Breton (1896-1966) et Philippe Soupault (1897-1990), publié en 1919, fut le point de départ du mouvement surréaliste. On y lit par exemple : « On parle et vous n'entendez plus. Est-ce que vous n'auriez pas compris ce que nous disions. Regardez nos mains, elles sont pleines de sang. Approchez-vous de cette femme et demandez-lui si la lueur de ses yeux est à vendre. — Ma tête commence à être difficile à prendre à cause des épines. Venez, mon cher ami, du côté du marché aux poissons. J'ai vu dans l'œil d'une dorade une petite roue qui tournait comme dans le boîtier d'une montre. »

Dans le premier Manifeste du surréalisme (1924), André Breton présente ainsi l'écriture automatique :
« Faites-vous apporter de quoi écrire, après vous être établi en un lieu aussi favorable que possible à la concentration de votre esprit sur lui-même. Placez-vous dans l'état le plus passif, ou réceptif, que vous pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos talents et de ceux de tous les autres. Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout. Écrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule, tant il est vrai qu'à chaque seconde il est une phrase étrangère à notre pensée consciente qui ne demande qu'à s'extérioriser. Il est assez difficile de se prononcer sur le cas de la phrase suivante ; elle participe sans doute à la fois de notre activité consciente et de l'autre, si l'on admet que le fait d'avoir écrit la première entraîne un minimum de perception. Peu doit vous importer, d'ailleurs ; c'est en cela que réside, pour la plus grande part, l'intérêt du jeu surréaliste. Toujours est-il que la ponctuation s'oppose sans doute à la continuité absolue de la coulée qui nous occupe, bien qu'elle paraisse aussi nécessaire que la distribution des nœuds sur une corde vivante. Continuez autant qu'il vous plaira. Fiez-vous au caractère inépuisable du murmure. Si le silence menace de s'établir pour peu que vous ayez commis une faute : une faute, peut-on dire, d'inattention, rompez sans hésiter avec une ligne claire. A la suite du mot dont l'origine vous semble suspecte, posez une lettre quelconque, la lettre l, et ramenez l'arbitraire en imposant cette lettre pour initiale au mot qui suivra. »

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lundi 16 août 2010

Le mire et le grimaud

Je suis un mire et un grimaud

Le mire fouille les corps
Il y cherche la vérité

Le grimaud s'invite à la parole
Homme de l'être et du destin

Le mire connaît l'ordre des choses
Le grimaud l'observe en rêvant

Ils ont en commun le langage

Celui du silence Celui des mots

L’un et l'autre décrivent
L'autre et l'un racontent

Le mire parle de proie
Le grimaud chante la vie

Ils disent ce qu’ils ressentent
Ils ne voient que l’impossible

L'Homme est leur
lanterne

Leur avenir et leur destin

Par
sa volonté il les invente
Par
son désir il les éclaire

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