Le Garde-mots

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lundi 31 janvier 2011

Précaution

Mesure que l'on prend dans le but d’éviter un désagrément ou un danger. Du bas latin praecautio, mesure de prudence, lui-même de praecavere, se tenir sur ses gardes, lui-même de prae, pré- et cavere, faire attention.

Synonymes et mots voisins : aléa, circonspection (retenue  que l'on observe dans ses paroles ou ses actions), clairvoyance, considération, défiance, discernement, disposition, menace, ménagement,  mesure, péril, pondération, prédiction, prévention (ensemble des moyens destinés à éviter un événement), prévision, prévoyance, probabilité, pronostic, prophylaxie (ensemble des moyens destinés à prévenir les maladies), prudence, risque, vigilance.

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lundi 30 août 2010

Auciège

Redevance féodale versée annuellement aux propriétaires par les fermiers qui exploitaient leurs alpages. Elle était basée sur le nombre de pots de lait produits en un jour par le troupeau. Synonyme : ociège. Du latin alpeagium, lui-même de alp idiare, alpéer, utiliser l'alpe (le pâturage de montagne).

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lundi 11 janvier 2010

Basoche

Dans le droit ancien, ce mot désignait l'ensemble des clercs d’avocats, de procureurs et de conseillers du Parlement qui fréquentaient les palais de justice, à Paris comme en province.  Il s'emploie familièrement de nos jours à propos des gens de loi. Peut-être du latin basilica, édifice public couvert où l'on rendait la justice. Synonymes et mots voisins : barreau, basochard (terme péjoratif utilisé  pour désigner les gens de la basoche), basochien (qui fait partie de la basoche), bazoche, cause grasse (fait inventé, dont les clercs de la basoche plaidaient la cause pour se divertir le jour de mardi gras).

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lundi 27 octobre 2008

Empouilles

Récolte encore sur pied, par opposition aux fruits récoltés, ou dépouilles. Le mot (vielli) est d'ailleurs bâti sur le modèle de dépouille, comme s'il était formé de la préposition de, et de pouille. Il s’agit d’un terme de droit coutumier : "Défenses sont faites à toutes personnes de laisser aller leurs poules ou poulets et autres volailles dans les empouilles, prés, sainfoins, luzernes, qui avoisinent les maisons" (Arrêt du parlement, 14 août 1787).

Premières empouilles, première embrouille

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vendredi 15 février 2008

Seing

Marque ou signature qu’on appose au bas d’un écrit dans le but d’en attester la validité. Du latin signum, signal. On ne prononce pas le "g", ni directement ni par liaison avec un autre mot. Synonymes : cachet, empreinte, marque, paraphe, signature. Homophones : ceint, sain, saint, sein.

Acte sous seing privé (ou "sous-seing"). Se dit d'un acte juridique établi entre particuliers, sous leur seule signature, sans l'intervention d'un officier ministériel. Il s’oppose à l’ "acte authentique" qui se fait, au contraire, en présence du notaire.

Blanc-seing. Signature apposée d'avance sur une feuille de papier laissée blanche et qui recevra par la suite une convention ou une déclaration. Pluriel : "des blancs-seings".

Contreseing. Signature de la personne qui contresigne un acte dans le but d’authentifier la signature principale ou de marquer un engagement solidaire.

À la Saint-Glinglin. Expression qui signifie "à une date indéterminée, dans très longtemps, probablement jamais." Il s’agit, en fait, de la déformation de seing, toujours du latin signum, signe, signal, dans le sens de "sonnerie de cloche", confondue avec saint par homophonie. Ce mot est ici associé à l’onomatopée glinglin, qui évoque le son des cloches, sans doute dérivée du verbe glinguer, sonner, lui-même de l’allemand klingen, sonner1. L’ensemble signifie au final "quand les cloches sonneront". Symboliquement, il s’agit de repousser une échéance jusqu'au moment du signal de la fin des temps, c’est-à-dire lors de la sonnerie des trompettes du Jugement dernier. En effet, les fermiers et les métayers avaient l'habitude de payer leurs dettes après les récoltes, en se calant sur la fête d’un saint, généralement la Saint-Michel (29 septembre). La locution "à la seing glinglin", entendue comme "à la Saint-Glinglin" était donc un calembour destiné à tromper le créancier. Expression équivalentes : quand les poules auront des dents, aux calendes grecques, pendant la semaine des quatre jeudis.

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[1] Noter que le tocsin (sonnerie de cloche à coups répétés et prolongés pour donner l’alarme), a la même origine : de l’ancien provençal tocasenh, formé de toca, dérivé de tocar, sonner (les cloches) et de senh, cloche, issu du latin signum. Il s’est écrit également  tocseing.

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vendredi 5 octobre 2007

Herméneutique

Interprétation des signes, symboles, objets de pensée, textes, etc. L'herméneutique peut s'appliquer à une culture, à un écrit philosophique, littéraire, historique, juridique, religieux, ésotérique. Synonymes : anagogie, exégèse, explication. Du grec hermêneutikê (tekhnê), art d'interpréter, de faire comprendre.

Nous faisons tous les jours de l'herméneutique sans le savoir. La preuve :

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lundi 19 mars 2007

Avis de décès

L'Homme est mort...

Cet être hybride, que le philosophe situe à mi-chemin entre la nature animale et la construction intellectuelle, auquel les biologistes attribuent un cerveau et quelques viscères, avait relativement peu évolué depuis l'époque de sa diaspora africaine. Chacun peut constater qu'il est en voie de disparition sous les coups de boutoirs conjugués de l'ignorance, de l'arbitraire, de l'obscurantisme et la pression de l'économie. Nous voici macdoisés, orwellisés, en délicatesse avec nos ambitions, nos espoirs, nos ruptures. Le commerce prétend nous éduquer. Le Droit, dans son opacité, nous interdit le droit de regard. Les médias nous entraînent dans leur pesanteur marchande. Les chiffres passent le plus clair de leurs prétentions à nous soumettre. Nous dormons sur lit de Procuste. Ce brigand de l'Attique étendait ses victimes sur un lit : si elles étaient trop grandes il leur raccourcissait les jambes ; si elles étaient trop petites il les étirait. Procuste est le modèle du conformisme totalitaire. Serions-nous les victimes éblouies de notre aspiration à l'Universel ?

...Vive l'Homme nouveau !

Et si, plutôt que de mourir résignés, nous réinventions l'Homme ? Imaginez un nouveau modèle de bipédie verticale et pensante, doué de réflexion, artisan de lui-même... et l'avenir fera le reste. Le bureau des propositions est ouvert.

[voir aussi Agonie]
[Retrouvez ce billet dans L'Almanach 2009 du Garde-mots]

lundi 12 mars 2007

Droit des mots

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Pan-Organisation Internationale de Linguistique
(P.O.I.L.)

DÉCLARATION UNIVERSELLE DU DROIT DES MOTS
adoptée par l'Assemblée générale extraordinaire du 11 mars 2007
résolution 217 A (III)


Préambule


Nous mots et vocables de la langue française, considérant :

Que notre appartenance au capital culturel de l'humanité est un droit imprescriptible,

Que la reconnaissance de cette appartenance est un fait capital pour l'avenir de l'humanité,

Qu'il est essentiel d'encourager la perpétuation des traditions propres à la langue française ainsi que le développement de nouveaux modes d'expression,

Que notre intégrité et nos règles d'utilisation sont inaliénables, même s'il est souhaitable et nécessaire d'admettre leur évolution naturelle sous l'influence de l'usage courant,

Que la méconnaissance et le mépris de nos droits fondamentaux conduisent à des actes de brutalité langagière tels que SMS, impropriétés, solécismes, barbarismes, pataquès, fautes d'orthographe, et mettent en danger la liberté d'expression ainsi que la communication évolutive et responsable,

Que des égards spécifiques doivent nous être accordés, en particulier celui d'être utilisés en fonction des règles de la syntaxe, de l'orthographe et de la grammaire,

Proclamons ce qui suit.

Déclaration

Article premier. Tous les mots naissent libres et égaux en dignité et en valeur. Ils sont dotés de significations et de connotations particulières et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité linguistique.

Article 2. Chaque mot peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans aucune discrimination, notamment d'étymologie, de définition ou de toute autre condition linguistiquement pertinente.

Article 3. Tout mot a droit à l'usage courant, littéraire, artistique et technique de sa signification, et ce sans distinction de contexte. Il ne sera fait aucune discrimination fondée sur le statut lexical, philologique ou sémantique du pays ou du territoire francophone dont un mot est originaire, ou dans lequel il est en usage.

Article 4. Nul n'a le droit de tenir un mot en servitude ou d'en interdire l'emploi, quelle qu'en soit la raison.

Article 5. Aucun mot ne sera soumis à la torture grammaticale, ni à des peines ou traitements cruels ou dégradants d'ordre syntactique, sauf circonstances particulières dûment reconnues par la communauté des écrivains, lecteurs et utilisateurs francophones se réclamant du domaine de la libre création.

Article 6. Chaque mot a droit à la reconnaissance de ses particularités lexicales en tout lieu et sur tout support de communication.

Article 7. Tous les mots de la langue française sont égaux et ont droit sans distinction à une égale protection de la part des utilisateurs, enseignants, auteurs, et de toutes les personnes qui les utilisent dans les conversations courantes. Ils ont droit à une protection égale contre tout acte qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à un tel acte.

Article 8. Tout mot a droit à un recours effectif devant les instances universitaires et académiques compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par l'usage et les règles.

Article 9. Nul mot ne peut être arbitrairement interdit ou torturé, que ce soit volontairement ou par maladresse.

Article 10. Tout mot a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un jury indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière linguistique dirigée contre lui.

Article 11. Tout mot accusé de desservir la cause de la langue française est présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité ait été établie au cours d'une instruction publique où toutes les garanties nécessaires à sa défense et à son illustration lui auront été assurées.

Article 12. Nul mot ne sera condamné pour des connotations ou dénotations qui, au moment où elles ont été établies, ne constituaient pas un acte délictueux au regard des règles communément admises en matière de langue française.

Article 13. Nul mot ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa définition, sa légitimité, sa classification ou sa vie littéraire, ni d'atteintes à son univers paradigmatique ni à sa réputation. Tout mot a droit à la protection des autorités linguistiques contre de tels agissements.

Article 14. Tout mot a le droit de circuler librement à l'intérieur d'une conversation, d'un discours ou d'un écrit. Tout mot a le droit de quitter l'esprit ou la mémoire d'une personne qui ne serait pas compétente pour l'utiliser ou qui n'en aurait pas l'usage, et d'y revenir quand les circonstances lui sont de nouveau favorables.

Article 15. Tout mot français a le droit de chercher asile en d'autres langues et d'en bénéficier.

Article 16. Tout mot a droit à la liberté d'association. Nul ne peut le contraindre à l'isolement linguistique ou à la réalisation d’une alliance qu’il n'aurait pas désirée.

Article 17. La famille de mots est l'élément naturel et fondamental de la société linguistique. Elle a droit à la protection de tous les utilisateurs.

Article 18. Tout mot a droit à la liberté de changer de paradigme ou de définition ainsi que le droit de résister à un emploi abusif. L'antisémantisme est formellement identifié comme contraire aux lois lexicologiques.

Article 19. Tout mot a droit à la liberté d'expression, ce qui implique le droit de véhiculer des informations, des sonorités et des idées explicites ou potentiellement incluses dans sa définition.

Article 20. Tout mot a le droit d'accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions signifiantes de la langue française.

Article 21. Tout mot est fondé à obtenir satisfaction sur le plan des droits culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa polysémie.

Article 22. Tout mot a droit à une protection contre les fautes d'orthographe et les impropriétés de langage.

Article 23. Tout mot a le droit de fonder avec d'autres mots des mots valises, calembours, contrepèteries et autres impertinences langagières susceptibles d'enrichir la langue française ou de la mettre en valeur.

Article 24. Tout mot peut être inusité pendant un temps si long qu'on pourrait le considérer comme suranné. Il doit cependant rester à la disposition des utilisateurs potentiels dans tout lexique, garde-mots, glossaire, dictionnaire, encyclopédie, vademecum correspondant à son emploi principal ou annexe.

Article 25. Tout mot a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté francophone, de participer aux progrès linguistiques et aux bienfaits qui en résultent.

Article 26. Tout mot a des devoirs envers l'étymologie de laquelle il procède et qu'il doit servir au mieux des intérêts de ses utilisateurs.

Article 27. Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un État, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité langagière ou d'accomplir un acte de parole visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

Article 28. L'Assemblée Générale Extraordinaire de la Pan-Organisation internationale de Linguistique (P.O.I.L.) proclame la présente Déclaration Universelle du Droit des Mots comme étant opposable à tous les locuteurs francophones. Elle représente l'idéal commun à atteindre par tous les mots et tous les utilisateurs afin que tous les individus et tous les organes de la société francophone, ayant cette Déclaration constamment à l'esprit, s'efforcent, par l'enseignement et l'éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d'en assurer, par des mesures progressives d'ordre sémantique et philologique, la reconnaissance et l'application universelles et effectives, tant parmi les populations francophones que par ceux qui, venus de paradigmes linguistiques différents, cherchent néanmoins à comprendre leur raison d'être ainsi que les beautés de la langue française.

Article 29. Les mots ont droit à une existence propre, c'est-à-dire indépendante de l'avis de ceux qui les prononcent ou les écrivent. Ils peuvent déposer plainte contre toute phrase dans laquelle la garantie de leurs droits n'est pas assurée.

Article 30. Les mots ont le devoir de ne pas porter atteinte à la dignité de ceux qui les emploient dans leur activité courante, en particulier les êtres humains.

Article 31. Le présent texte a une portée universelle. Il est applicable en tout lieu et en tout temps, sans aucune dispense, même s'il est avéré que celle-ci possède un fondement juridique, économique ou historique. Il devra être affiché dans tous les lieux servant de siège aux organisations internationales, gouvernements, ministères, médias, associations à but non lucratif et sociétés commerciales utilisant la langue française comme moyen d'expression à titre principal ou complémentaire. Il sera appris par cœur par les enfants des écoles et les élus républicains.

[Retrouvez ce billet dans L'Almanach 2009 du Garde-mots]

lundi 20 mars 2006

Relaxe


Décision par laquelle un tribunal remet un prévenu en liberté et/ou le déclare non coupable. Du latin relaxare « desserrer, relâcher ».

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mercredi 8 février 2006

Canonique


Se dit d'un texte, d'un art ou de points de droit conformes aux canons, c'est-à-dire aux règles de l'Église. Du grec kanôn, baguette droite, règle, modèle ; lui même emprunté à l'hébreu qaneh, roseau, baguette de jonc.

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