Le Garde-mots

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lundi 27 décembre 2010

Simonetta Vespucci

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Piero di Lorenzo, dit Piero di Cosimo (vers 1480)
Simonetta Vespucci
Huile sur bois,  Musée Condé, Chantilly.

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vendredi 29 octobre 2010

Golconde (suite)

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René Magritte. Golconde. 1953.
The Menil Collection, Houston, Texas.

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vendredi 10 septembre 2010

Myologie

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Étude scientifique des muscles. Au nombre de 600 environ, ils représentent 40% du poids du corps (soit 30kg pour une personne de 75kg) et contiennent 75% d'eau.  Ils sont excitables, contractiles, élastiques, extensibles, plastiques. D’une certaine manière, les plus précieux sont le muscle cardiaque et les cordes vocales. Du grec mus, muscle et logia, théorie.

Mots voisins : amyotrophie (atrophie musculaire), électromyogramme (enregistrement de l'électricité musculaire), myalgie (douleur musculaire), myasthénie (maladie neurologique auto-immune caractérisée par une grande fatigabilité musculaire), myatonie (déficience ou absence de la tonicité musculaire), myatrophie (synonyme d'amyotrophie), myocarde (tissu musculaire du cœur), myocèle (tumeur musculaire), myocinétique (qui se rapporte au mouvement musculaire), myodynamique (qui se rapporte à la force musculaire). myodynie (douleur musculaire), myoélectrique (qui se rapporte aux propriétés électriques des muscles), myoépithélial (qui est constitué de fibres musculaires et d'épithélium), myofibrille (élément caractéristique du tissu musculaire, se présentant sous forme d'un filament long et grêle), myogène (d'origine musculaire),  myogénèse (formation du tissu musculaire), myoglobine (pigment musculaire), myographe (appareil enregistrant graphiquement les variations de l'activité d'un muscle), myoïde (qui a l'aspect microscopique du muscle), myomalacie (ramollissement des muscles), myomère (segment musculaire des Vertébrés), myosclérose (induration des muscles), myopathie (maladie dégénérative des muscles), myoplastie (opération dans laquelle on utilise des parties de muscle comme matériel plastique), myorelaxant (se dit d'un médicament qui produit le relâchement des muscles), myosine (globuline qui est l'un des constituants principaux des myofibrilles), myosite (inflammation du tissu musculaire), myosome (élément contractile de la fibre musculaire striée), myospectroscope (spectroscope permettant d'étudier la structure du tissu musculaire), myotatique (qui est provoqué par l'étirement d'un muscle), myothermique (qui se rapporte aux modifications de température accompagnant la contraction musculaire), myotome (synonyme de myomère),  myotomie (dissection des muscles), myotropique (qui exerce une action directe sur la fibre musculaire).

Âmes sensibles s’abstenir

Le peintre et graveur Fabien Gautier d'Agoty (1716-1785) et le médecin Joseph-Guichard Duverney (1648-1730) sont les auteurs d'une Myologie complète en couleur et grandeur naturelle publiée en 1746. Cliquez sur l’image ci-dessus (qui en est extraite) pour avoir accès au livre complet ou sur  Lire la suite pour voir  - à vos risques et périls - une autre image.

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dimanche 11 juillet 2010

Nympholepte

Ce nom était donné dans l’Antiquité aux personnes que l’on croyait inspirées par les nymphes (les divinités féminines personnifiant les forces vives de la nature) ou qui tombaient dans une sorte de frénésie après avoir vu une nymphe. D’après Plutarque il y avait un oracle au sommet du mont Cithéron dans l’antre des nymphes sphragitides. Les habitants du pays étaient possédés et étaient dits nympholeptes. Du grec nympholeptoi, lui-même de numphê, jeune mariée et leptein, saisir.

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vendredi 4 juin 2010

Contrapposto

Attitude d'un personnage dessiné, peint ou sculpté, dans laquelle l'une de ses deux jambes  porte tout le poids du corps, tout en restant en extension. L'autre jambe est libre et légèrement fléchie, ce qui fait ressortir la hanche et donne du dynamisme à la composition. Le tout est compensé par l'inclinaison inverse des épaules. Synonyme : hanchement.

Le contrapposto apparaît dans la sculpture grecque à la fin du VIe siècle av. J.-C. Il marque la transition entre l'art archaïque et le premier classicisme.

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vendredi 28 mai 2010

Turion

Botanique. Jeune pousse souterraine. Exemple : le turion de l'asperge, que l’on extrait à l’aide d’une gouge C’est la partie que l'on consomme après cuisson. Du latin turionem, jeune pousse. Synonyme : hibernacle.

L’asperge est connue depuis l’Antiquité. Les Grecs la vouaient à Aphrodite, déesse de l’amour et lui accordaient des propriétés aphrodisiaques. Elle était connue au Moyen Âge sous le nom d'esparge. Louis XIV aimait beaucoup les asperges. Il demanda à son jardinier Jean de la Quintinie d'en cultiver dans le potager royal.

Proust parle à plusieurs reprise des asperges dans son œuvre : « Je m’arrêtais à voir sur la table, où la fille de cuisine venait de les écosser, les petits pois alignés et nombrés comme des billes vertes dans un jeu ; mais mon ravissement était devant les asperges, trempées d’outremer et de rose et dont l’épi, finement pignoché de mauve et d’azur, se dégrade insensiblement jusqu’au pied - encore souillé pourtant du sol de leur plant - par des irisations qui ne sont pas de la terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s’étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui, à travers le déguisement de leur chair comestible et ferme, laissaient apercevoir en ces couleurs naissantes d’aurore, en ces ébauches d’arc-en-ciel, en cette extinction de soirs bleus, cette essence précieuse que je reconnaissais encore quand, toute la nuit qui suivait un dîner où j’en avais mangé, elles jouaient, dans leurs farces poétiques et grossières comme une féerie de Shakespeare, à changer mon pot de chambre en un vase de parfum. » (Du côté de chez Swann).

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lundi 12 avril 2010

Toute œuvre d'art est un symptôme

Supposons que vous ayez un grain de folie, une araignée Araignée au plafond, une aimable fantaisie dans le regard intérieur.                                                                                                                                                                                                                                               *
Deux voies s'ouvrent à vous. Ou bien vous cultivez ce grain, vous l'arrosez d'alcool, vous le parfumez au cannabis, vous vendez votre âme aux cacahuètes, vous postulez pour le poste de postier post-moderne, vous adoptez une colonie de cafards, vous semez le délire aux quatre vents de la langue française, vous prenez des bains de lait de pipistrelle, vous vous déguisez en cimetière, vous exhibez vos parties zénithales, vous devenez la coqueluche des médias avec vos crimes à grand spectacle. Ou bien vous vous emparez d'un pinceau, d'un burin, de feuilles de musique, vous griffonnez des poèmes sur les supports les plus improbables, vous essuyez vos pensées sur le clavier d'un ordinateur à protons. Il en sortira un rêve incarné, un bouquet de soupirs, des poèmes en col Mao, une chanson balsamique, des romans génétiquement atrophiés, un dictionnaire à usage sidéral ou un chef d'œuvre.

Si vous aviez un cerveau hors limites comme Antonin Artaud, le facteur Cheval, Camille Claudel, Salvador Dalí, Guy de Maupassant, Frédéric Nietzsche, Robert Schumann, Vincent Van Gogh, quel chemin artistique choisiriez-vous ?
   
Jérôme Bosch (vers 1500).
        La nef des fous.

vendredi 12 février 2010

Mimesis

Nom féminin. Représentation de la nature au moyen de l'art. Ce terme est déjà employé dans ce sens dans La République de Platon et la Poétique d'Aristote. Il ne faut pas le confondre avec mimétisme, la tendance à imiter les gestes et attitudes, qui concerne le domaine  comportemental.

Mots voisins : ekphrasis (description littéraire, vive et complète d'une œuvre d'art),  poiesis (création). Antonyme : diégèse (qui consiste à raconter au lieu de montrer). 

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vendredi 11 décembre 2009

Pinacothèque

Nom donné aux musées de peinture en Italie et en Allemagne. Du grec pinakothêkê, salle contenant une collection de tableaux. Terme repris de Vitruve par Louis Ier de Bavière au XIXe siècle. Synonymes et mots voisins : cabinet de peintures, cartothèque, cimaise (mur d'une salle d'exposition de tableaux),  cinémathèque, classothèque (lieu où l’on classe des documents), clichothèque (lieu où sont archivés les clichés), collection, dépôt, (lieu où l'on dépose une œuvre ou un document afin de les conserver), diathèque (lieu où l’on entrepose des diapositives),  exposition, expôt  (unité élémentaire mise en exposition dans un musée, quelle qu'en soit la forme), galerie (salle aménagée pour une exposition), glyptothèque (musée dédié aux pierres gravées, synonyme : dactyliothèque),  lithothèque (collection d'échantillons de roches) magnétothèque (lieu où l'on entrepose des bandes magnétiques), mappothèque (collection de cartes géographiques), musée, muséographie (description des musées et de leurs collections), muséologie (science de la conservation et de la présentation des œuvres d’art), muséum, (musée spécialisé dans les sciences de la nature) photothèque, sonothèque (lieu où l'on archive des enregistrements de bruits et d'effets sonores), vernissage (inauguration d'une exposition), vidéothèque.

Raphaël/Transfiguration
Raphaël. La Transfiguration.
Peinture a tempera sur bois (1518- 1520)

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vendredi 31 juillet 2009

Père ou repère ?

Qui oserait traiter Picasso d’imitateur se tromperait lourdement. S’il reprend les idées de Velasquez, Ingres, Delacroix,  Manet,  Van Gogh, Pissarro et de bien d’autres, il n’en est pas moins pleinement Picasso. Il l'affirme d'ailleurs à sa manière : « Qu’est-ce qu’un peintre ? C’est un collectionneur qui veut se constituer une collection en faisant lui-même les tableaux qu’il aime chez les autres. Il est avant tout parfaitement lui-même. »

Après Cézanne en Provence en 2006, le musée Granet d’Aix-en Provence abrite jusqu’au 27 septembre  l'exposition Picasso Cézanne, à travers 114  de leurs œuvres (91 Picasso, 23 Cézanne). Certes il n'y a pas les grands classiques, mais quelques œuvres majeures sont tout de même présentées. Nous pouvons ainsi découvrir ce que Picasso, sans jamais perdre le fil de sa propre créativité, doit à Cézanne. Il le considérait comme son seul maître et l’appelait « Monsieur Cézanne ». Picasso a vécu deux ans au château de Vauvenargues, au pied de la montagne Sainte-Victoire, sans essayer de la peindre, par égard pour son aîné. « J’habite chez Cézanne » aimait-il à dire. Ils ne se sont jamais rencontrés, mais Pablo possédait quatre toiles de Paul.

Cézanne cherche avant tout l’harmonie  des couleurs et des formes. Sa « peinture couillarde » comme il la nomme, repousse les limites de la perspective, faisant de lui le précurseur du cubisme. Picasso a repéré ces lignes de force mais il ne reproduit pas, pour autant, les peintures de Cézanne. Son inspiration est beaucoup plus subtile – et maîtrisée. Libérateur de l’univers pictural et artiste de génie, il les prolonge jusqu’à interpeller notre sensibilité la plus secrète. La peinture n’est plus pour lui un instantané mais un instant simultané où le mouvement intérieur révèle notre véritable nature, où toutes les couches d’un objet ou d’un visage nous sont révélées à grands traits (triviale comparaison : un peu comme les calques de Photoshop).

Picasso et Cézanne ont tous les deux le goût de la géométrie et le génie de la composition. Si l’on veut leur trouver une différence, Cézanne peint l’essence du visible et Picasso celle de l’invisible. Cézanne indique le chemin qui mène jusqu’à nous. Picasso l’empreinte et poursuit la route.

En un raccourci saisissant, cette exposition présente les deux phares de l’art moderne, entre lesquels la filiation est certaine. Au deuxième étage, il ne faut pas manquer les photos de David Douglas Duncan, Picasso au château de Vauvenargues. Puis, avant de sortir,  parcourir le fonds du musée Granet pour reposer son œil parvenu au seuil de l'impossible.

Picasso

Cézanne. Gardanne. 1886. Picasso. Vauvenargues II. 1959.

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